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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE

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sa correspondance. Il recevait pour toute rétribution la sommede 62 francs par mois.

Cest pendant ce long séjour en Angleterre, quil conçut etexécuta la première machine qui devait le mettre sur la tracede sa découverte des applications de la vapeur.

On attachait, à la fin du dix-septième siècle, une grande im-portance à lemploi mécanique de la pression de lair. On yvoyait le moyen de doter l'industrie du moteur qui lui man-quait. Depuis les recherches quil avait effectuées avec Boylesur la machine pneumatique, Papin nourrissait plus particuliè-rement cette grande pensée. Il crut avoir découvert le moyenîle la réaliser, en employant comme moteur direct la machinepneumatique exécutée en grand.

Tel était son dessein lorsquil présenta, en 1087, à la Sociétéroyale de Londres, le modèle dune machine destinée à trans-porte r au loin la force des rivières. Cette machine se composaitde deux vastes corps de pompe, dont les pistons étaient mis enjeu par une chute deau, et qui servaient à faire le vide danslintérieur dun long tuyau mécanique. Une corde attachée àlextrémité de la tige du piston, devait transmettre une forcemotrice considérable, lorsque, par leffet de la pression atmo-sphérique, le piston, violemment chassé dans l'intérieur dutuyau, entraînerait avec lui les poids qui le retenaient (1).C'était, comme on le voit, le principe du chemin de fer at-mosphérique.

Cependant les essais auxquels on soumit cette machine en1687, devant la Société royale de Londres, ne donnèrent quede mauvais résultats, soit en raison de la difficulté de main-tenir le vide dans un long tuyau métallique, soit en raison dela lenteur extrême avec laquelle- le mouvement se communi-quait du piston aux fardeaux quil devait entraîner.

Papin avait fondé beaucoup despérance sur le succès de sonappareil ; cet échec les détruisait sans retour. De tristes lueurscommençaient à assombrir lhorizon du philosophe. Son séjour

fl- La description de cette machine a été publiée par Papin dans les Actes deLeipsig [Acta eralitorum Lipsice), décembre 1688, p. 044, sous ce titre : De usutubo-rum prægrandium ad propagandam in longinquum vim motricem flw'iorum. Elle a étéreproduite dans un autre ouvrage de Papin : liecueil de pièces diverses, imprimé ùL'assei, en 1695,