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en Italie avait absorbé les faibles ressources de son patrimoine,et la rémunération de 02 francs par mois qu’il recevait de laSociété royale était par trop insuffisante pour ses besoins.Il reporta alors sa pensée vers la France ; mais les portes desa patrie lui étaient fermées. L’impolitique et inique révocationde l'édit de Nantes , faite en 1085, frappait dans leur fortuneet dans leurs droits les protestants français. Aux termes de cetarrêt, l'exercice de la médecine, de la chirurgie et de la phar-macie était interdit aux membres de la religion réformée.
Papin aurait pu faire tomber d'un seul mot les barrières quile séparaient de son pays, entrer à l’Académie des sciences ,où sa place était depuis longtemps marquée, et recevoir lestraitements flatteurs que l’on prodiguait, trois ans après, à soncousin Isaac Papin , dont l’exil fit fléchir le courage et quiabjura le protestantisme, en 1090, entre les mains de Bossuet .Il préféra un exil éternel à la honte d’une abjuration. Fn 1087,le landgrave Charles, électeur de Hesse , lui offrit une chairede mathématiques à Marbourg . Malgré les préoccupations dela politique et de la guerre, ce prince éclairé s’était toujoursplu à suivre et à encourager ses travaux. Papin s’empressad’accepter l’offre de l’électeur. Il écrivit au secrétaire de laSociété royale , pour l’informer de la résolution qu’il avaitprise, et le prier de lui compter l’arriéré de son traitement.Le trésorier reçut l’ordre de faire droit à cette demande. LaSociété décida en même temps, dans sa séance du 14 dé-cembre 1087, que le docteur Papin recevrait en présent quatreexemplaires de l 'Histoire des poissons, comme un témoignagedes bons services qu’elle avait reçus de lui.
Papin emporta ses quatre exemplaires de XHistoire des pois-sons; mais c’était la perle de la fable : il est à croire que leyrain de mil eût mieux convenu à l’état de ses affaires.
Arrivé à Marbourg , Papin commença ses leçons publiquesde mathématiques. Ce nouveau métier, auquel il était peu fait,ne fut pas sans lui causer quelques ennuis et quelques difficul-tés au début. Néanmoins, il reprit bientôt la suite de ses tra-vaux accoutumés.
L’emploi du vide et de la pression atmosphérique, utilisésdirectement comme force motrice, avait mal réussi dans sonappareil à double pompe pneumatique. Il espéra mieux remplir