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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE

le grand dessein quil se proposait, en construisant une autremachine, également fondée sur l'emploi de la pression de lair,mais dans laquelle le vide, au lieu dêtre déterminé par le jeudune pompe pneumatique, serait obtenu en faisant détoner dela poudre à canon sous le piston de cette pompe. La poudre,brûlée dans un cylindre fermé par une soupape et parcouru parun piston, dilatait lair par leffet de la chaleur dégagée pen-dant la combustion ; cet air, séchappant par la soupape, pro-voquait un vide dans le ct'lindre, et dès lors la pression atmos-phérique, pesant sur la tête du piston, chassait celui-ci danslintérieur du corps de pompe. Cétait, comme on le voit, leprincipe de la machine précédente ; seulement le vide étaitproduit par un artifice dune autre nature.

La machine à poudre que Papin fit connaître en 1088 (1),nétait pas, à proprement parler, une invention de ce physicien.La première idée en avait été émise par T abbé de Ilautefeuille,dans un mémoire imprimé à Paris en 1078 (2). A cette époque,le projet dappliquer la pression atmosphérique û la créationdun nouveau moteur occupait tous les savants. Labbé de Ilau-tefeuille avait parlé, le premier, dobtenir une force motriceempruntée à la pression atmosphérique, en faisant le vide dansun tuyau par suite de la combustion de la poudre. Le principede cette machine avait été conçu par labbé de Ilautefeuille àlépoque Louis XIV voulait élever les eaux de la Seine pourles consacrer à lembellissement des jardins de Versailles ; lesimmenses difficultés de cette entreprise extravagante tenaientalors en haleine lesprit de tous les mécaniciens français .

« Un si grand nombre dinventions qui ont été proposées pour éleverdes eaux à Versailles mengagea, dit Jean de Ilautefeuille, à méditer surles moyens de le faire avec facilité... Repassant ainsi dans mon imagina-tion toutes les forces qui pouvaient être dans la nature, il sen présentaune qui est infiniment plus grande que celle du vent, du courant desrivières et des torrents, et la plus violente qui ait jamais été : cette forceest la poudre à canon, que lon na point encore employée à lélévationdes eaux (3). »

(1) De novo pulveris pyrti usti (Acta eruditorum Lipsiœ, septemb. 1688, p. 496}.

(2) Pendule perpétuelle , avec un nouveau balancier , et la manière d'élever Veau par lemoyen de la poudre à canon, et autres nouvelles inventions contenues dans une lettreadressée par M. de Hautefeuille à un de ses amis. 1678, p. 16.

(3) Pendule perpétuelle, etc., p. 90.