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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
mince, pourrait être facilement transporté d’un tube à un autre; et ainsile même feu procurerait continuellement, soit dans l’un, soit dans l’autretube, ce vide dont les effets sont si puissants. Si l’on calcule maintenantla grandeur des forces que l’on peut obtenir par ce moyen, la modicitédes frais nécessaires pour acquérir une quantité de bois suffisante, onavouera sans doute que notre méthode est de beaucoup supérieure àl’usage de la poudre à canon, dont on a parlé plus haut, surtout puisqu’onobtient ainsi un vide parfait, et qu'on obvie aux inconvénients que nousavons énumérés
« Comment peut-on employer cette force pour tirer hors des minesl’eau et le minerai, pour lancer des globules de fer à de grandes distances,pour naviguer contre le vent et pour faire beaucoup d’autres applications!C'est ce qu’il serait beaucoup trop long d’examiner. Mais chacun, dansl’occasion, doit imaginer un système de machines approprié au but qu’ilse propose. Je dirai cependant ici en passant sous combien de rapportsune force motrice de celte nature serait préférable à l’emploi des rameursordinaires pour imprimer le mouvement aux vaisseaux : 1° les rameursordinaires surchargent le vaisseau de tout leur poids, et le rendent moinspropre au mouvement ; 2° ils occupent un grand espace, et par consé-quent embarrassent beaucoup sur le vaisseau; 3° on ne peut pas toujourstrouver le nombre d'hommes nécessaire; 4° les rameurs, soit qu’ils tra-vaillent en mer, soit qu’ils se reposent dans le port, doivent toujours êtrenourris, ce qui n’est pas une petite augmentation de dépense. Nos tubes,au contraire, ne chargeraient, comme on l’a dit, le vaisseau que d’unpoids très-faible; ils occuperaient peu de place; on pourrait se les pro-curer en quantité suffisante s’il existait une fois une fabrique pour lesconfectionner; et enfin ces tubes ne consumeraient du bois qu’au momentde l’action, et n’entraîneraient aucune dépense dans le port. Mais commedes rames ordinaires seraient mues moins commodément par des tubesde cette espèce, il faudrait employer des roues à rames telles que je mesouviens d’en avoir vu dans la machine construite à Londres par l’ordredu sérénissime prince palatin Rupert. Elle était mise en mouvement pardes chevaux à l’aide de rames de cette espèce, et laissait de bien loinderrière elle la chaloupe royale, qui avait cependant seize rameurs. Iln’est pas douteux que nos tubes ne pussent imprimer un mouvement derotation à des rames fixées à un axe, si les tiges des pistons étaient ar-mées de dents qui s’engrèneraient nécessairement dans des roues égale-ment dentées et fixées à l’axe des rames. Il serait nécessaire que l’onadaptât trois ou quatre tubes au mûrie axe, pour que son mouvement pûtcontinuer sans interruption. En effet, tandis qu’un piston toucherait aufond de son tube, et ne pourrait plus, par conséquent, faire tourner l’axeavant que la force de la vapeur l’eût élevé au sommet du tube, on pour-rait, au moment même, éloigner l’ar-'êt d’un autre piston qui, en descen-dant, continuerait le mouvement de l’axe. Un autre piston serait ensuitepoussé de la même manière et exercerait sa force motrice sur le mêmeaxe, tandis que les pistons abaissés en premier lieu seraient de nouveauélevés par la chaleur, et se retrouveraient ainsi en état de mouvoir lemême axe de la manière précédemment décrite. D’ailleurs, un seul four-neau et un peu de feu suffiraient jour élever successivement tous lespistons.
« Mais on objectera peut-être que les dents des tiges engrenées dansles dents des roues exerceront sur l’axe des actions en sens inverse quand