Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
363
JPEG-Download
 

PAPIN

363

elles descendront et quand elles remonteront, et quainsi les pistonsmontants contrarieront le mouvement ides pistons descendants, et réci-proquement. Cette objection est sans force. Tous les mécaniciens con-naissent parfaitement un moyen par lequel on fixe à un axe des roues den-tées qui, mues dans un sens, entraînent laxe avec elles, et qui, dansl'autre sens, ne communiquent aucun mouvement, et le laissent obéirlibrement à la rotation opposée. La principale difficulté est donc davoirune fabrique lon forge facilement ces grands tubes, comme on la diten détail dans les Actes des érudits, du mois de septembre 1088. Et cettenouvelle machine doit être un nouveau motif pour accélérer cet établisse-ment; car elle démontre clairement que cesgrands tubes pourraient êtreappliqués très-commodément à plusieurs usages importants. »

Comme ou vient de le voir par la lecture de ce document, siremarquable à tous les titres, Ptipin croyait que son appareilétait susceptible de recevoir dans lindustrie une applicationimmédiate. En cela il tombait dans lerreur commune desinventeurs qui considèrent la première suggestion de leuresprit comme le dernier mot - do la science et de lart. Unne peut, en effet, voir dans la machine du physicien deBlois quun moyen de démontrer, par lexpérience, le principede la force élastique de la vapeur et du parti que lon peut entirer comme force motrice. Quant à lappliquer, telle quelleétait conçue, aux usages de lindustrie, il était impossible dysonger. La disposition grossière, qui consistait à placer unelégère couche deau dans le cylindre lui-mème, et à produire lavapeur à laide dun brasier placé par-dessous, de telle sorteque lappareil nétait alimenté que par cette petite quantitéd'eau qui ne se renouvelait jamais ;le moyen, plus vicieuxencore, qui faisait dépendre la chute du piston du refroidisse-ment spontané de la vapeur, par suite du simple éloignementdu brasier; ces tubes de métal mince, que laction du feuaurait rapidement détruits et incapables de résister efficace-ment à la pression intérieure exercée sur leurs parois;labsence dun moyen propre à prévenir les explosions : toutnous montre que cet appareil ne présentait aucune des condi-tions que l'on voit communément réalisées dans la plus mé-diocre des machines industrielles.

Cette erreur devait durement peser sur la destinée dePapin. Les défauts de sa machine étaient dune évidence àfrapper tous les yeux. Aussi fut-elle accueillie avec une désap-probation marquée et placée, cun accord unanime, au rang