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SAVANTS I)U DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
des appareils imparfaits qu'il avait antérieurement fait con-naître. Sa grande conception concernant l’emploi de la vapeurfut enveloppée dans la même défaveur qui avait accueilli samachine à double pompe pneumatique et sa machine à poudre.Aucun recueil scientifique ne reproduisit le mémoire publiédans les Actes de Leipzig. Le physicien Hooke se borna à faireressortir, dans quelques notes lues à la Société royale de Londres , les inconvénients de la nouvelle machine motrice pro-posée par le docteur Papin, et tout fut dit.
L’indifférence que rencontra sa découverte, eut pour lui uneconséquence funeste. En présence du peu de succès de sesidées, il se prit à douter de lui-même; il crut avoir fait fausseroute, et abandonna le projet de la machine à vapeur décritedans le mémoire qui vient d’être cité. Il y avait cependant bienpeu de modifications à apporter à sa construction primitivepour la rendre applicable à l’industrie. L’emploi d'une chau-dière servant à amener la vapeur dans l’intérieur du cylindre,et le refroidissement de la vapeur provoqué par une aspersiond’eau froide, auraient suffi pour en faire le moteur le pluspuissant que l’industrie eût possédé jusqu’à cette époque. Farmalheur, les critiques qu’il rencontra découragèrent Papin, quicessa entièrement de s’occuper de ce sujet, et lorsque, quinzeans après, il essaya d’y revenir, il fut conduit à proposer unappareil tout différent du premier, et dans lequel, abandonnantla grande idée dont l’honneur lui revient, il avait recours à desdispositions vicieuses.
Dans un voyage qu’il avait fait en Angleterre, en 1705,Leibnitz avait vu fonctionner la machine à vapeur de Savery ,première application pratique de la puissance motrice de lavapeur d’eau. Leibnitz envoya à Papin le dessin de cette ma-chine, afin de connaître son opinion sur l’appareil du mécani-cien anglais , et celui-ci montra la lettre et le dessin à l’élec-teur de liesse. C’est à l’instigation de ce prince que Papin repritl’examen de ce sujet qu’il avait abandonné depuis quinze ans.
Le résultat de son travail fut un petit livre imprimé à Franc fort en 1707, sous ce titre Nouvelle manière d'élever Veaupar la force du feu.
La nouvelle machine à vapeur que Papin décrit dans ce mé-moire n’est autre chose, bien qu’il essaj'e de s’en défendre,