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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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PAPIN

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qu'une imitation de la machine de Saveiy, inférieure même àcelle de son rival. Il propose demployer la force élastique dela vapeur à élever de leau dans lintérieur dun tube. Cette eauest ainsi amenée dans un réservoir supérieur, d on la faittomber sur les augets dune roue hydraulique, à laquelle elleimprime un mouvement de rotation.

Ainsi Papin abandonnait son idée capitale demployer lavapeur comme moyen dopérer le vide dans un cylindre, pouradopter le procédé, bien moins avantageux, qui consiste à seservir de la pression de la vapeur pour élever une colonnedeau. Il ne faisait en cela que copier, avec quelques modifica-tions, la machine de Savery. Cest que cette machine, déjà enusage en Angleterre, avait obtenu un certain succès; Papin,égaré par lapparence des résultats utiles quelle avait fournis,perdait ainsi de vue la grande conception qui perpétuera lesouvenir de son génie.

On a pensé longtemps que les idées de Papin sur cette se-conde machine à vapeur nétaient jamais sorties du domainede la théorie. Mais une correspondance de Papin avec Leibnitz ,retrouvée en 1852, par M. Kuhlmann, professeur à lUniversitéde Hanovre, a jeté un jour tout nouveau sur cette question.Il résulte de ces lettres, quaprès avoir fait construire le modèlede la machine précédente, Papin la fit exécuter en grand, pourlappliquer à un bateau, qui fut essayé par linventeur sur laFulda . Mais des dissentiments ayant éclaté sur ces entrefaitesentre lui et quelques personnages puissants de Marbourg ,Papin prit la résolution de quitter lAllemagne , et de fairetransporter son bateau en Angleterre pour y continuer sesexpériences.

Cest ce que démontre la curieuse et importante lettre dePapin à Leibnitz que nous mettons sous les yeux de nos lec-teurs.

Cassel, ce 7 juillet 1707.

« Monsieur,

« Vous savez quil y alongtemps que je me plains davoir ici beaucoupdennemis trop puissants. Je prenais pourtant patience ; mais depuis peujai éprouvé leur animosité de telle manière quil y aurait eu trop de témé-rité à moi à oser vouloir demeurer plus longtemps exposé à de tels dan-gers. Je suis persuadé pourtant (pie jaurais obtenu justice, si javais