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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS I)U DIX-SEPTIEME SIECLE

voulu faire un procès; mais je n'ai déjà fait perdre que trop de temps àSon Altesse pour mes petites affaires, et il vaut bien mieux céder etquitter la place que d'être trop souvent obligé dimportuner un si grandprince. Je lui ai donc présenté une requête pour le supplier très-humble-ment de maccorder la permission de me retirer en Angleterre, et SonAltesse y a consenti avec des circonstances qui font voir quelle a encore,comme elle a toujours eu, beaucoup plus de bonté pour moi que je nemérite.

« Une des raisons que jai alléguées dans ma requête, cest qu'il estimportant (pie ma nouvelle construction de bateau soit mise à lépreuvedans un port de mer, comme Londres , on pourra lui donner assez deprofondeur pour y appliquer la nouvelle invention qui, par le moyen dufeu, rendra un ou deux hommes capables de faire plus deffet que plu-sieurs centaines de rameurs. En effet, mon dessein est de faire ce voyagedans ce même bateau, dont j'ai déjà eu lhonneur de vous parler autre-fois, et lon verra dabord que sur ce modèle il sera facile den fairedautres la machine à feu sappliquera fort commodément. Mais il setrouve une difficulté, cest que ce ne sont point les bateaux de Cassel quivont à Brême, et quand les marchandises de Cassel sont arrivées àMiinden, il faut les décharger pour les transporter dans les bateaux quidescendent à Brème. J'en ai été assuré par un batelier de Miinden, quim'a dit qu'il faut une permission expresse pour faire passer un bateau delaFulda dans le Weser : cela ma fait résoudre, Monsieur, de prendre laliberté davoir recours à vous pour cela. Comme ceci est une affaire par-ticulière et sans conséquence pour le négoce, je suis persuadé que vousaurez la bonté de me procurer ce quil faut pour faire passer mon bateauà Miinden, vu surtout que vous mavez déjà fait connaître combien vousespériez de la machine à feu pour les voitures par eau. On m'a aussi ditquà Hamel il y a un courant extrêmement rapide, et quil s'y perd desbateaux. Cela me ferait souhaiter de savoir à peu près à combien dedegrés ce canal est incliné sur l'horizon. Ainsi, Monsieur, si vous avezeu la curiosité de faire cette observation, je vous supplie d'avoir aussi labonté de me dire ce quil en est. En tout cas, il vaudra toujours mieuxprendre trop que pas assez de précautions pour garantir mon bateau detout accident. Si jétais assez heureux pour que vos affaires vous appe-lassent dans lune ou lautre de ces deux villes dans Je temps que jypasserai, je my ferais une extrême satisfaction dy entendre et dy pro-fiter de vos bons avis en voyant notre bateau, et de vous supplier decontinuer la même bienveillance dont vous mhonorez depuis si long-temps, et de me permettre toujours de me dire avec respect, Monsieur,votre très-humble et très-obéissant serviteur.

« D. Papin. »

Dès la réception de cette lettre, Leibnitz écrivit au conseillerintime de l'électeur de Hanovre , pour obtenir lautorisation defaire passer le bateau de Papin des eaux de la Fulda danscelles du Weser . Mais cette autorisation fut refusée, ou dumoins elle se fît attendre; car, dans une seconde lettre, datéedu 1 er août 1707, Papin se plaint des retards quéprouve sademande.