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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
voir les malades, espérant trouver auprès d’eux, une occasionde s’instruire, s'il n’avait pas le bonheur de les guérir.
« Sa seuls présence, dit M. Bordes-Pagés, leur rendait la confiance etla joie; et Dieu , qui voit dans la conscience humaine les sentiments dontchacun de nous est animé, le protégea toujours, en considération de sonparfait dévouement, contre toute atteinte de l’horrible iléau (1). »
Dès qu’il eut commencé à pratiquer la médecine, il ne tardapas à s’apercevoir que les maîtres de la science ne lui avaientpresque rien appris. Il trouva que les vérités, que le génied’Hippocrate avait fait briller d’un si pur éclat, avaient étéobscurcies par ses successeurs; — que Galien avait délayé dansd’immenses volumes quelques bons principes depuis longtempsconnus ; mais que les raisons sur lesquelles il s’appuie pourdémontrer des choses dont la nature seule a le secret, n’ontaucun fondement sérieux ; — que les scolastiques, n’imaginantrien et ne cherchant rien par eux-mêmes, s’en étaient tenusaux doctrines qu'ils avaient reçues des anciens. Depuis Hippo crate l’art de guérir, disait-il, a, pour ainsi dire, tourné dansle même cercle, sans faire aucun progrès qui ait mérité d'êtresignalé.
Telles étaient les vues de Van Ilelmont sur la médecine,lorsque les ouvrages de Paracelse , qu'il ne connaissait pointencore, tombèrent entre ses mains. Il y cherchait un traitementpropre à le délivrer lui-même d’une maladie cutanée, qui résis-tait depuis longtemps aux prescriptions de la médecine galé-nique. Un empirique le guérit radicalement par l’emploi dusoufre et du mercure, d'après la méthode de Paracelse . Dèslors il lut avec avidité les écrits du célèbre médecin alchi-miste. Il y trouva des faits curieux, des idées neuves et origi-nales, mais aussi parfois les exagérations et les écarts d’uneimagination exaltée, qui ne savait pas toujours se plier aux loisde la logique. Cependant il ne devint point, comme on l’a dit,le partisan enthousiaste de Paracelse . Il prit de Paracelse sathérapeutique, ses médicaments, c’est-à-dire ce qu il y a de bondans le célèbre médecin de Haie , mais le système que Van Helmont inaugura en médecine lui appartient bien en propre^
(1) Revue indépendante, 1847. Article sur Van Ilelmont.