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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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VAN HELMONT

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Ce système, comme nous le verrons, est un vitalisme hippo-cratique.

Par sa fortune et par sa haute naissance, Van Helmont auraitpu prétendre aux titres et aux honneurs. Mais un penchantinvincible lentraînait, contre la volonté de ses parents, dans lacarrière des sciences. Il ne voulait ni arriver à la fortune,puisquil était assez riche, et que dailleurs il neût tenu quàlui dentrer, sans se donner beaucoup de peine, dans la carrièredes emplois lucratifs, alors ouverte dans les Flandres à toutesles grandes familles ; ni se servir de la science pour arriver àune brillante renommée, car une foi religieuse, ardente et sin-cère, ne lui permettait même pas de concevoir une telle ambi-tion. Le but quil sétait proposé était infiniment plus élevé etplus noble. Il voulait se mettre en possession de tout le savoirhumain, pour se rendre utile à ses semblables. Il ne trouvaitpas que, pour se consacrer réellement au bien de lhumanité,ce fût assez dembrasser la vie religieuse. « Une âme tendre etnourrie des préceptes dun catholicisme ardent, dit le docteurMichéa, avait décidé de sa vocation pour létude de la méde-cine. » Cest par un songe que cette vocation loi fut suggérée.Un jour, se trouvant en prière, il conjurait Dieu de lui inspirerle meilleur moyen dêtre utile à ses semblables. Il tomba alors,peu à peu, dans un sommeil extatique, et cest en ce momentque sa vocation lui fut révélée par un avis den haut.

Van Helmont raconte ce songe en ces termes :

« Je vis toutes les choses sous leur aspect réel, en dautres termes,semblables au chaos le plus informe, ce qui me causa une émotion pé-nible. Puis j'entendis la conception dune parole qui signifiait ces mots :Tout ce que tu regardes nest rien, tout ce que tu fais est moins querien, à côté de la puissance du Très-Haut. Celui-ci connaît la destinéede toutes les choses : quant à toi, pense à ton salut. Enfin, de la concep-tion de cette parole émanait lordre de me faire médecin, et la promesseque larchange Raphaël viendrait quelquefois massister de ses con-seils (1). »

La mère de Van Helmont , Marie de Stassart, était vivementcontrariée de voir son fils déroger à sa noblesse, au point de selivrer à lexercice de la médecine. Mais Van Helmont , per-

(1) ÿtudia a'utoris , traduction du docteur Michéa (Gazelle médicale de Varie, 1843)

T. IV.

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