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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS I)U DIX-SEPTIEME SIECLE

suadé que cétait Dieu lui-même qui lui prescrivait dentrerdans cette carrière, ne se laissa détourner de sa voie par aucuneconsidération.

Van Helmont ne pouvait méditer longtemps et profondémentsur un sujet, sans tomber peu à peu dans une sorte d extase, oude sommeil intellectuel (somniuvi intellectuelle). Dans cet état,il avait ces songes, ces visions, ces idées intuitives, quil seplaît à rapporter avec détail, et dont il s inspirait. Il raconte,par exemple, quun jour, sétant demandé si la médecine nestpas une science vaine, les longues réflexions auxquelles il selivra, pour résoudre cette question, le firent tomber dans unesorte de sommeil extatique, et il eut alors un songe intellectuel :

« Je vis mon âme, dit-il ; elle avait la forme humaine; mais elle nétaitque d'une médiocre étendue, et ne présentait aucun des caractères quidistinguent les deux sexes. Une vive lumière, qui navait rien d'analogueà ce que nous connaissons dans notre monde sublunaire, et en compa-raison de laquelle la lumière de notre soleil n est tpi un amas ténébreux,vint tomber sur mon âme et se mêler a sa nature. Dès lors, j eus uneidée claire de lunion de lesprit avec le corps, et je sus quel est celui deces deux éléments qui produit lautre. »

Il ajoute plus loin :

« Dans un autre songe intellectuel, je vis un arbre de la plus grandebeauté; sa prodigieuse élévation et sa vaste circonférence, qui embras-sait presque tout l'horizon, me jetèrent dans un profond étonnement. Ilétait couvert d'une infinité de fleurs odorantes qui, par léclat et l'ex-trême variété de leurs teintes, offraient à la vue le plus agréable aspect.Parmi ces fleurs, on en distinguait présentant tout à la fois des fruitsau-dessus et des bourgeons au-dessous. Je voulus en cueillir une; maiselle fut à peine séparée de sa tige, quaussitût son odeur, sa couleur etsa forme sévanouirent, et, au même instant, lesprit de cette vision mefut révélé. »

Si lon connaissait parfaitement la vie intime des grandshommes, on serait peut-être étonné dapprendre quun certainnombre dentre eux se sont plus ou moins inspirés de leurssonges, à quelque époque de Içur vie. Cardan se sentait éclairé,dans ses travaux mathématiques, par les songes extatiques aux-quels il était sujet. Newton est parvenu ainsi à résoudre plusdun problème, et Descartes nous apprend lui-même quil neconçut le plan de sa méthode analytique quaprès trois songesconsécutif:.