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PAYANTS DT' DIX-PEPTIÈME SIÈCLE
ne chercherons pas à saisir les formes et les nuances sous les-quelles la foi religieuse a pu se présenter dans l’esprit de VanIlelmont. Seulement, comme Cuvier semble s'étonner de voirle même homme se livrer, d’une part, aux idées les plus super-stitieuses en matière de croyance, et de l’autre, se conduired’après les règles de la plus sévère logique, et obtenir souvent,en fin de compte, des résultats très-concluants en matière descience, nous essav'erons d’expliquer cette contradiction appa-rente.
Le sentiment religieux est un des caractères distinctifs de lanature humaine : il s’est manifesté dans l’homme de touttemps et en tout pays. Par l’influence qu’il exerce sur nosdéterminations, sur nos pensées, sur le développement de nosfacultés les plus nobles, on peut le regarder comme la sourcepure d’où dérivent tous les dons intellectuels et moraux, ainsique toutes les affections qui honorent et élèvent l’humanité.Le sentiment religieux s’est trouvé associé aux dons les pluspuissants de l’intelligence, chez les savants les plus illustresde tous les temps. Si un certain positivisme, érigé de nos joursen doctrine, parvenait à effacer du cœur humain l’instinct reli-gieux, l’homme en serait certainement, amoindri, et l’huma-nité, moralement abaissée, tendrait à se rapprocher des espècesinférieures. Heureusement cela est impossible. Les savants'positivistes, phj'siciens, astronomes, géomètres, chimistes, nemanquent point dans notre siècle ; et quelques-uns se dis-tinguent par une vaste érudition. Mais il n’en est aucun qui,par des découvertes brillantes et fécondes, puisse rappeler legénie des Raymond Lulle , des Thomas d’Aquin , des Keppler ,des Pascal, des Boyle, des Van Ilelmont, des Descartes et desNewton , hommes illustres, chez lesquels le génie scientifiques’accompagnait d’un profond sentiment religieux. Cependant,les savants modernes ont à leur disposition de puissants moyensd’investigation, et de grandes routes s’ouvrent, devant eux,parfaitement tracées, dans toutes les parties des connaissanceshumaines. Ils n’ont pas, comme les savants des derniers siècles,à lutter contre une autorité scientifique qui remontait à l’an-tiquité : celle d’Aristote .
Le système médical de Van Ilelmont avait pour base la foichrétienne. Or, ce système a opéré une véritable révolution