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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÉME SIECLE

tesse de Cork , mère de Robert Iloyle, d'une coinplexion déli-cate et maladive, ne put elle-même allaiter son enfant. On futobligé de le confier aux soins d'une nourrice, jeune femme dela campagne, qui, sur la recommandation expresse du père,dut lélever comme s'il eût été son propre enfant.

Une nourriture saine et abondante, une entière liberté dese mouvoir et dagir, et quand il put marcher, lexercice enplein air, contribuèrent sans doute beaucoup à lui conserverla vie, mais ne purent remédier entièrement à la faiblesse or-ganique quil tenait de sa mère. Robert Boyle eut toute sa vieune constitution débile et maladive. On ne put l'élever commeon élève les enfants dun tempérament vigoureux; il fallait,avant tout, songera le conserver. Quand il paraissait souffrant,on sattachait à le distraire, à lamuser ; on évitait de le con-trarier, on le gâtait, et ce fut ainsi quon lui laissa prendreplusieurs mauvaises habitudes, entre autres celle de bégayer,dont il ne put jamais parvenir, dans la suite, à se corriger (1).

Le jeune Robert demeura chez sa nourrice, à la campagne,jusquà lâge de sept ans. Le comte de Cork , son père. « blâ-mait, ditM. Cap, les délicatesses de l'éducation des villes, oit,disait-il, on éloigne les enfants du soleil et de la pluie, commesils étaient formés de beurre et de sucre (2). »

Rentré sous le toit paternel, Robert fut placé sous la sur-veillance dun ecclésiastique français , qui était le chapelain ducomte de Cork . Cet ecclésiastique lui enseigna la lecture,lécriture, la religion. Mais le jeune Robert ne demeura quen-viron un an auprès de ce chapelain. A lâge de huit ans, il futenvoyé, avec son frère, devenu plus tard lord Schaunon, aucollège dEton, près de Windsor. Il reçut, dans ce collège, lessoins les plus affectuèux de la part du directeur, Ilarrisson.

Ce ne fut quavec un extrême ménagement quon put lui fairecommencer ses études. Pendant les trois ans quil passa aucollège dEton, le jeune écolier apprit un peu de latin, etbientôt, il montra les plus heureuses dispositions. En lui ex-pliquant Quinte-Curce , lhistorien dAlexandre le Grand , onle mit en état de lire cet auteur dans le texte latin ; et cette

(1) A.-J.-L. Jourdan, Dictionnaire dss sciences médicales.

(2) Études biographiques. In-10. Paris , 1857, t. 1, p. 134.