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SAVANTS DU DIX-SEPTIÉME SIECLE
tesse de Cork , mère de Robert Iloyle, d'une coinplexion déli-cate et maladive, ne put elle-même allaiter son enfant. On futobligé de le confier aux soins d'une nourrice, jeune femme dela campagne, qui, sur la recommandation expresse du père,dut l’élever comme s'il eût été son propre enfant.
Une nourriture saine et abondante, une entière liberté dese mouvoir et d’agir, et quand il put marcher, l’exercice enplein air, contribuèrent sans doute beaucoup à lui conserverla vie, mais ne purent remédier entièrement à la faiblesse or-ganique qu’il tenait de sa mère. Robert Boyle eut toute sa vieune constitution débile et maladive. On ne put l'élever commeon élève les enfants d’un tempérament vigoureux; il fallait,avant tout, songera le conserver. Quand il paraissait souffrant,on s’attachait à le distraire, à l’amuser ; on évitait de le con-trarier, on le gâtait, et ce fut ainsi qu’on lui laissa prendreplusieurs mauvaises habitudes, entre autres celle de bégayer,dont il ne put jamais parvenir, dans la suite, à se corriger (1).
Le jeune Robert demeura chez sa nourrice, à la campagne,jusqu’à l’âge de sept ans. Le comte de Cork , son père. « blâ-mait, ditM. Cap, les délicatesses de l'éducation des villes, oit,disait-il, on éloigne les enfants du soleil et de la pluie, commes’ils étaient formés de beurre et de sucre (2). »
Rentré sous le toit paternel, Robert fut placé sous la sur-veillance d’un ecclésiastique français , qui était le chapelain ducomte de Cork . Cet ecclésiastique lui enseigna la lecture,l’écriture, la religion. Mais le jeune Robert ne demeura qu’en-viron un an auprès de ce chapelain. A l’âge de huit ans, il futenvoyé, avec son frère, devenu plus tard lord Schaunon, aucollège d’Eton, près de Windsor. Il reçut, dans ce collège, lessoins les plus affectuèux de la part du directeur, Ilarrisson.
Ce ne fut qu’avec un extrême ménagement qu’on put lui fairecommencer ses études. Pendant les trois ans qu’il passa aucollège d’Eton, le jeune écolier apprit un peu de latin, etbientôt, il montra les plus heureuses dispositions. En lui ex-pliquant Quinte-Curce , l’historien d’Alexandre le Grand , onle mit en état de lire cet auteur dans le texte latin ; et cette