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vue scientifique sur le mouvement général des esprits au dix-septième siècle, on peut dire que YInstanratio magna fut pourquelque chose dans le système d’études qui fut tracé et suivipar Robert Boyle et ses collaborateurs.
« Boyle, dit G. Cuvier, rejeta la philosophie d'Aristote , et ne voulutpas même lire les livres où l'on explique tout par des hypothèses bi-zarres; il s'en tint rigoureusement aux préceptes de Bacon , c'est-à-direà l’expérience pure et simple, et à la généralisation des résultats ob-tenus (1). »
Les troubles qui se renouvelaient trop souvent en Angle-terre, à cette époque agitée de son histoire, obligèrent plusd’une fois Boyle à se déplacer; et comme il ne pouvait trans-porter avec lui ses ustensiles et les instruments de son labora-toire, ses expériences se trouvaient nécessairement interrom-pues. Heureusement il avait toujours sur le métier quelqueouvrage de littérature ou de philosophie, dont il pouvait s'oc-cuper en tout temps et en tout lieu ; son esprit ne demeuraitdonc jamais oisif. Par exemple, lorsque, dans un momentd’extrême agitation politique, après la bataille de AVorcester,il se retira dans ses terres d’Irlande , et y passa près de troisans, il y continua son Essai sur VEcriture sainte , ouvragecommencé vers 1653.
La tranquillité étant rétablie dans les trois royaumes, sousle protectorat de Cromwell , Boyle alla s’installer à Oxford avec AA'ilkins, 'Wallis, Goddard, AA’illis, Bathurst, AVard,Patty et Hook, membres de la Société 'philosophique. Ils te-naient alors leurs séances dans la maison d’un apothicaire,nommé Cross.
Boyle, qui voulait soumettre ls nature entière à ses procé-dés d’investigation, n’était arrêté par la considération d’au-cune dépense pour atteindre le but qu’il s’était proposé. Il fitbâtir à Oxford un observatoire, et appela des ouvriers, pourconstruire, sous ses yeux, les instruments dont il avait besoin.Une naissance commune l’eût privé, disait-il, des avantages-deInfortune, sans lesquels il n’eùt jamais pu suivre ses instinctsscientifiques. Il se félicitait, d’autre part, de n’ètre pas l’aîné
(l) Histoire des tciences naturelles , t. II, p. 34