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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

sation sur le sujet qui lamenait. Mais, à toutes ses questions,Baudouin répondit, avec non moins dadresse, en dirigeant len-tretien sur la musique. Et comme son interlocuteur revenait àla charge, le rusé bailli fit appeler des virtuoses, et régala lechimiste dun interminable concert.

Cependant Kunckel ne perdit pas entièrement sa soirée, caril apprit, malgré les distractions que lui occasionnait la mu-sique, que Baudouin donnait au produit quil avait découvert,le nom de phosphorus (cest-à-dire porte-lumière), ce dont ilparut charmé.

Le lendemain, seconde entrevue, pendant laquelle Kunckeldemanda finement au bailli si son phosphorus pourrait absorberla lumière dune lampe, comme il absorbait celle du soleil.

« J'en ferai lessai, » dit Baudouin; puis il se mit à parlerdautre chose.

Cependant, à une troisième visite, Baudouin consentit àfaire cette expérience devant Kunckel, et par conséquent, àlui laisser voir le phosphorus. Seulement, il eut soin de tenir laprécieuse substance hors de la portée de la main du chimiste.

Kunckel eut alors une idée triomphante :

« Si nous essayions, dit-il au bailli, de faire absorber à votrephosphorus la lumière dune lampe, en concentrant ses rayonsau moj'on dun miroir concave? Leffet lumineux serait bienplus intense. »

Le bailli trouva cette inspiration si heureuse, que, dans laprécipitation quil mit à aller chercher le miroir concave dansle cabinet de physique, il eut l'imprudence doublier sur la tableson phosphorus. Loccasion était unique; Kunckel se jette surle phosphorus, en détache un morceau, et le cache dans sabouche, au risque davaler Y âme du monde.

Quelques instants après, le bailli rentra, sans rien soupçon-ner, et lon lit lexpérience du miroir concave.

En se retirant, et pour se donner une contenance, Kunckel de-manda une dernière fois au bailli de lui vendre son secret. Maiscelui-ci manifesta des prétentions tout à fait déraisonnables.

Examiner le petit échantillon de phosphorus quil avait dé-robé à la surveillance du bailli Baudouin, et reconnaître saprovenance chimique, fut pour Kunckel laffaire de quelquesinstants. Aussitôt après, il expédie à Dresde un messager, por-