Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
430
JPEG-Download
 

430

SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

cherchait la pierre philosophale. Dans ce liquide, il navait rientrouvé qui ressemblât, de près ni de loin, à la pierre des sages.11 arriva pourtant un jour, quen calcinant, dans une cornuede fer, le résidu de lévaporation de ce liquide, mêlé avec dusable, llrandt vit apparaître un corps, dont les propriétésétaient fort extraordinaires. Cet étrange produit senflammaità lair ; il répandait dans les ténèbres une lueur très-vive, etpermettait de tracer, dans lobscurité, des caractères qui bril-laient toute une nuit. Cétait, en un mot, notre phosphore actuel.

Aussi, lorsque Ivunckel arriva dans la ville de Hambourg poury faire connaître les secrets et les merveilles du phosphore deBaudouin , la ville de Hambourg haussa les épaules, disant quelleavait elle-mèine de bien autres merveilles à lui montrer, etquil serait suffisamment édifié sur ce point, sil voulait seule-ment prendre la peine de se transporter chez le docteur Brandt.

Dix minutes après avoir reçu cet avis, Ivunckel entrait chezlalchimiste Brandt. II trouva un homme singulièrement mys-térieux et réservé, qui consentit, à grandpeine, à exhiber sonphosphorus, et crut accorder à son visiteur une faveur insigne,en daignant lui confier de quel liquide naturel il savait extrairece produit.

Ivunckel prolongea a^sez longtemps son séjour à Hambourg ,dans lespoir de triompher des résistances de Brandt ; mais cefut en vain. Cette obstination le désespérait. Il ne put sem-pêcher de sen ouvrir à l'un de ses amis de Dresde , Kraft, con-seiller de lElecteur de Saxe, qui soccupait des sciences, etdont il a cité quelques travaux dans son Art de faire le verre.Il lui écrivit, à Dresde , pour lui raconter ce qui précède.

Connaître le procédé de préparation dune substance aussirare, aussi curieuse que le phosphore, cétait, vu le genre desrelations qui existaient alors entre les savants, posséder untrésor dun grand prix. Ainsi le pensa très-judicieusement lechimiste conseiller. Cette conviction devait môme être chezlui bien profonde, car elle lamena à commettre, envers sonami Ivunckel, un trait de déloyauté.

A peine informé, par la lettre de Ivunckel, de ce qui se pas-sait à Hambourg , Kraft, sans rien répondre, s'empresse departir pour cette ville. Il va secrètement trouver le docteurBrandt., et, après de longues négociations, il lui achète, pour