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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU PIX-PEPTIÈME SIÈCLE

porté. M. Le Pailleur, voyant cela et voyant même quil versait quelqueslarmes, fut effrayé, et le pria de ne pas lui celer plus longtemps la causede son déplaisir. Mon père lui répondit : Je ne pleure pas d'affliction,mais de joie. Vous savez les soins que jai pris pour ôter à mon (ils laconnaisance de la géométrie, de peur de le détourner de ses autresétudes; cependant voici ce quil a fait. » Sur cela il lui montra tout cequil avait trouvé, par lon pouvait dire en quelque façon quil avaitinventé les mathématiques. M. Le Pailleur ne fut pas moins surpris quemon père l'avait été, et lui dit quil nétait pas juste de captiver pluslongtemps cet esprit et de lui cacher encore cette connaissance, quilfallait lui laisser voir les livres sans le retenir davantage. »

Nous navons pas besoin de dire quà partir de ce moment,Pascal le père, loin dinterdire à son fils laccès des mathéma-tiques, mit aussitôt entre ses mains les ouvrages traitant decette science, et lui montra, méthodiquement coordonnées, avecleurs démonstrations, tant par les anciens que par les mo-dernes, ces grandes vérités de la nature que son génie précoceavait devinées. Il lui donna les Éléments d'Euclide , puis lestraités de Viète , de ltoberval, etc. Aucune explication ne futnécessaire à lélève, qui se trouvait sur son terrain naturel,et qui lisait les traités de géométrie et darithmétique trans-cendante, comme dautres lisent une simple production litté-raire, ou comme un compositeur de musique déchiffre unepartition dopéra.

Le jeune Pascal fut mis bientôt en relation avec les plus fortestètes mathématiques, avec Mydorge , Carcavi, ltoberval et leP. Mersenne. Son père, qui lavait conduit à Paris , le présentaà tous ces hommes éminents.

Cest avec une surprise sans égale que ces mathématiciensreçurent du jeune Pascal un Traité des sections coniques , ren-fermant toutes les propriétés des courbes paraboliques ouautres, qui sont engendrées par les sections dun cône. Cette ma-tière navait été traitée à fond que par Archimède et par les géo-mètres de lantiquité. Nous avons déjà dit, dans la Vie de Des­ cartes , que lorsque ce dernier philosophe eut entre les mainsce Traité des coniques, il se refusa obstinément à croire que cefut lœuvre dun jeune homme de seize ans. Il demeura tou-jours convaincu que Pascal le père, Désargues ou tout autremathématicien, y avait mis la main; ce qui était fort inexact.

A cette époque, et à lissue dune soirée des enfants deson âge, sétaient amusés à représenter une pièce de théâtre