PASCAL
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en présence de la cour, à Versailles , la duchesse d'Aiguillon leprésénta au cardinal Richelieu , comme un « grand mathémati-cien ”. Le grand mathématicien avait seize ans.
Pascal le père avait accepté la charge d’intendant des fi-nances à Rouen, et il avait quitté Paris , pour se rendre à sonposte, emmenant avec lui son jeune fils. Les travaux de sacomptabilité nécessitaient dé longues opérations numériques.L’idée vint alors au jeune Pascal d’essayer de dépasser envitesse de calcul la méthode des logarithmes, et de tenterun tour de force prodigieux. R voulut essayer de construireune machine qui exécuterait d’elle-mème les opérations arith-métiques, l’addition, la soustraction, la multiplication, la di-vision.
Ce défi jeté à la nature, par un géomètre audacieux, fut cou-ronné d’un triomphe inattendu. Pascal inventa la machinearithmétique, ou machine à calculer, qui exécute seule toutesles opérations ci-dessus désignées, et qui, légèrement perfec-tionnée dans notre siècle, est aujourd'hui d’un usage courantdans plusieurs administrations, entre autres dans les bureauxdes compagnies d’assurance.
Pascal fit exécuter cinquante modèles de cet appareil, quipresque tous offraient quelque différence dans le mécanisme.Il prit un privilège (ce que nous appelons aujourd’hui unbrevet d'invention) pour cette machine, et en envoya un mo-dèle à Christine, reine de Suède. Une petite caisse de laitonrenferme toutes les pièces. En posant le doigt sur des bou-tons, dans l’ordre assigné par l’inventeur, on fait sortir à uneautre extrémité de la caisse, le nombre définitif représentant lasomme de l’addition, la différence de la soustraction, le pro-duit de la multiplication, le quotient de la division, et celanon-seulement pour les nombres entiers, mais même pour lesnombres fractionnaires. C’est en 1647 que Pascal acheva laconstruction de la machine a calculer : il avait alors vingt-quatre ans.
Pascal s’occupait, en même temps, des questions les plusélevées des mathématiques, comme le prouve sa correspon-dance avec Fermât , qui se rapporte à cette époque.
La prodigieuse contention d’esprit qu’exigent les travauxmathématiques, eut la conséquence qu’on devait en attendre
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T. IV.