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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
sur la coniplexiou faible et maladive de Biaise Pascal. En 1617,il fut frappé de paralj'sie. Il se trouva hors d’état de se servirde ses jambes, et ne put marcher qu’avec des hé jiiilles.
Les médecins, justement effrayés, lui interdirent tout travail.Il suivit l’ordonnance pendant trois mois; puis la force de lajeunesse prenant le dessus, il se remit à l'étude. Cependant iln’était pas guéri; il ne le fut jamais. L’atteinte qu’avait reçueson cerveau, devait aller s’aggravant sans cesse, et ne lui laisseraucun relâche jusqu’au terme de sa vie.
Les préoccupations religieuses commencèrent alors à l’ab-sorber et à le détourner des études scientifiques. Deux gen-tilshommes de Rouen , amis de son père, MM. Deslandes et dela Bouteillerie, tout imbus de jansénisme, commencèrent à luipersuader que son mal était un avertissement d’en haut, etqu’il ferait bien de renoncer à toute préoccupation mondaine,pour ne s'occuper que de son salut. Pascal, sans se conformerabsolument à cet avis, pieux, mais anti-scientifique, en pritnote, et régla sur ce point sa conduite. S’il ne renonça pas en-tièrement, dès cette époque, à s’occuper des choses mondaines(c’est ainsi que les jansénistes appelaient la physique et les ma-thématiques), il ne s’y livra plus qu’à moitié. A partirde ce mo-ment, il ne prit qu’une part indirecte aux sciences. Il ne mitplus à exécution, de ses propres mains, les idées que lui sug-gérait son génie; il laissa à d’autres le soin de les vérifier parl’expérience.
C’est ainsi qu’il faut expliquer la part que Biaise Pascal eutdans la grande découverte de la pesanteur de l’air, qui devaitrévolutionner la physique, au dix-septième siècle. Nous allonsrésumer les diverses phases des recherches qui eurent pour ré-sultat la découverte du baromètre et la démonstration des effetsimmenses et variés que la pression de l’air joue dans les phé-nomènes de la nature.
En 1630, le doux et modeste Torricelli , qui, comme Pascal,devait mourir à trente-neuf ans, étudiait les mathématiquesà Rome , et manifestait les dispositions brillantes qui devaientle placer bientôt au rang des premiers géomètres de sonépoque. Il se lia intimement avec Castelli, le disciple chéride Galilée . Castelli retira le plus grand profit, pour sestravaux, des conseils du jeune mathématicien romain, et en