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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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PASCAL

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retour, il communiqua à son ami les découvertes et les vuesscientifiques de Galilée . Cest ainsi que Torricelli fut amenéà connaître le fait qui devait lamener à la construction dubaromètre.

Les fontainiers du grand-duc de Florence avaient préparé,pour élever leau dans le palais ducal, des pompes aspirantesdont le tuyau dépassait quarante pieds (12 m ,99) de hauteur.Quand on voulut les mettre en jeu, leau ne monta pas jus-quà l'extrémité du tuyau. Galilée , consulté sur ce fait, me-sura la hauteur à laquelle sarrêtait la colonne deau, et latrouva denviron trente-deux pieds (10 m ,395). Il apprit alorsdes ouvriers emplo}'és à ce travail, que ce phénomène étaitconstant, et que leau ne sélevait jamais, dans les pompes aspi-rantes, à une hauteur supérieure à trente-deux pieds.

T/ascension de leau dans les pompes sexpliquait alors par leprincipe de Yhorreur du vide , axiome célèbre de la scolastique.La nature, disait-on, nadmettait que le plein; et comme ellene pourrait souffrir le vide qui se serait trouvé entre le pistonsoulevé et le niveau de leau, le liquide était forcé de suivre lepiston dans son ascension. -

Galilée ne sut pas s'affranchir de labsurde opinion des phy-siciens de son temps. Il crut pouvoir expliquer le fait delhorreur du vide, limitée à trente-deux pieds, en disant que lalongueur dune colonne deau de plus de trente-deux pieds, pro-duirait un poids trop considérable pour que la base de la colonneliquide pût la supporter. Il comparait ce phénomène à celui queprésente une corde horizontale tendue à ses deux extrémités,et qui, à une certaine longueur, finit par se rompre, parcequelle ne peut plus supporter son propre poids (1).

Cependant, Galilée savait déjà, par des expériences quilavait faites lui-même, en 1(138, et dont il parle dans ses Dia-logues, que lair est pesant. Il avait constaté quune sphèrecreuse augmente de poids, quand on y fait entrer de lair com-primé. Mais il manqua dinitiative dans cette circonstance, etne recula pas devant labsurdité de cette conception : que lanature a horreur du vide jusquà trente-deux pieds seulement.On est tenté de croire, quand on réfléchit sur ces faits, quil y

(1) Dialoyi [Opéré di Galileo Galileiy t. II).