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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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PASCAL

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moment, sous le nom A'expérience de TorricelU, ou Lien encore,A'expérience du vtride.

Aux yeux de Torricelli , elle établissait clairement le phé-nomène de la pesanteur de lair. Cependant cette démonstra-tion était trop indirecte pour convaincre des esprits trop peufamiliarisés encore avec l'observation, Les physiciens soccu-pèrent avec beaucoup de curiosité et dintérêt, de cet espacevide existant entre le sommet du tube et lextrémité de lacolonne de mercure ; on désigna cet espace sous le nom deride de Torricelli Mais lexplication du fait de léquilibre dumercure dans un tube, par le poids et la pression de lair,rencontra des résistances opiniâtres. Les esprits les pluséclairés de l'époque éprouvaient la plus vive répugnance àabandonner lopinion de la scolastique du moyen âge touchantle plein universel.

Torricelli ne tarda pas à remarquer que la hauteur de lacolonne mercurielle ne demeurait pas constante ; et il pensa queces oscillations devaient répondre à des changements dansle poids de latmosphère. Dès 1014, il annonça ce résultat àson ami Angelo Ricci, qui était alors à Rome . Il lui dit, danslune de ses lettres, quil sest occupé de ce£ expériences,moins dans le but de produire un espace vide, que pour obtenirun instrument propre à mesurer les variations de pesanteursurvenues dans latmosphère. Le tube de Torricelli était doncle baromètre.

Angelo Ricci correspondait, à cette époque, avec le R. Mer-senne. Ce savant religieux, qui parcourait lEurope , vers 1040,pour rassembler, sur les sciences de son époque, des rensei-gnements, quil se hâtait de communiquer au reste des savants,eut connaissance, à Rome , de lexpérience de Torricelli , et ilen apporta la nouvelle en France .

M. Petit, intendant des fortifications de Rouen , avait apprisdu P. Mersenne les détails de lexpérience de Torricelli ; il sehâta den informer Biaise Pascal, qui se trouvait alors auprèsde son père, à Rouen .

Petit et Biaise Pascal répétèrent ensemble lexpérience duphysicien romain, et cest ainsi que Pascal fut amené à entre-prendre les recherches dont il publia les résultats dans un petitouvrage, qui a pour titre Nouvelles expériences louchant le raide.