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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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PASCAL

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justement accusée dun tort qui ne lui appartient pas; il se con-stitue son défenseur et porte la parole en son nom :

« La nature, dit-il, est aujourd'hui accusée de vuido et jentreprendsde l'en justifier en présence de Votre Altesse : elle en avoit bien été au-paravant soupçonnée; mais personne navoit encore la hardiesse demettre ses soupçons en lait, et de lui confronter les sens et l'expérience.Je fais voir ici son intégrité, et montre la fausseté des faits dont elle estchargée, et les impostures des témoins quon lui oppose, Si elle étoitconnue de chacun comme elle lest de Votre Altesse, à qui elle a décou-vert tous ses secrets, elle nauroit été accusée de personne, et on seseroit bien gardé de lui faire un procès sur de fausses dépositions, etsur des expériences mal reconnues et encore plus mal avérées. Elle es-père, Monseigneur, que vous lui ferez justice de toutes ces calomnies. Etsi, pour une plus entière justification, il est nécessaire quelle payed'expérience et quelle rende témoin pour témoin, alléguant l'esprit deVotre Altesse, qui remplit toutes ses parties .et qui pénètre les chosesdu monde les plus obscures et les plus cachées, il ne se trouvera per-sonne, Monseigneur, qui ose affirmer quau moins à légard de VotreAltesse il v ait du vuide dans la nature. »

Après cette figure délicate, mais un peu prolongée, le P. Noëlentre dans son sujet, nous aurons garde de le suivre. Con-tentons-nous de dire quil attribue la suspension du mercuredans le tube de Torricelli , à une qualité quil prête, de son chef,au mercure, et quil nomme la légèreté mourante il).

Par suite de ses discussions avec le P. Noël, Pascal avait étéconduit à réfléchir plus profondément sur la cause de lascensionet de léquilibre du mercure dans les tubes vides dair. Sur cesentrefaites, il fut informé de lopinion de Torricelli , qui nhé-sitait pas à attribuer ce phénomène à la pression de lair. Uneexpérience, quil désigne sous le nom du raide dans le vuide, etdans laquelle il vit le mercure, suspendu dans lintérieur duntube, sélever ou sabaisser selon quil faisait varier la pressionde l'air extérieur, donna à ses veux une force nouvelle auxvues du physicien romain. Enfin, un trait de son génie lui ré-véla le moyen de résoudre ce grand problème. Pascal pensaque, pour trancher sans retour la difficulté qui divisait les sa-vants, il suffirait dobserver la hauteur du mercure dans le tubede Torricelli , au pied et sur le sommet dune montagne. Si la

(1) Voyez la réponse de Pascal au P. Xoî*l dans sa Lettre à Le Paillevr (OEuvresde Pojîffl/, t. IV).