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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS I)U DIX-SEPTIEME SIECLE

hauteur de la colonne de mercure était moindre au sommetquau bas de la montagne, la pression de lair serait positive-ment démontrée, car lair diminue de masse dans les hautesrégions, tandis que l'on ne peut admettre, disait-il, que lanature ait de lhorreur pour le vide au pied dune montagne etquelle le souffre à son sommet.

Le Puy-de-Dôme , élevé de quatorze centsoixante-sept mètres,et placé aux portes dune grande ville, lui parut merveilleuse-ment propre à cet important essai. Mais retenu à Paris par letriste état de sa santé, il ne pouvait songer à lexécuter lui-même.Heureusement, son beau-frère Périer, conseiller à la cour desaides dAuvergne , se trouvait alors à Moulins . Il avait assistéaux expériences faites à Rouen , et il possédait assez de con-naissances scientifiques pour que lon put se reposer sur lui dusoin de procéder è cette vérification avec toute la précision né-cessaire. Le 15 novembre 1047, Pascal écrivait donc à Périer,pour réclamer de lui ce service.

Nous rapporterons ici la Lettre de Biaise I i aseal à son beau-frère Périer, chef-dœuvre de raisonnement, que lon ne peutlire sans une admiration profonde pour la sagesse et la portéede ce grand esprit.

« Monsieur,

« .Te n'interromprais pas le travail continuel vos emplois vousengagent, pour vous entretenir de méditations physiques, si je ne savaisquelles servent à vous délasser en vos heures de relâche, et qu'au lieuque d'autres en seraient embarrassés, vous en aurez du diveitissement..T'en fais dautant moins de difficulté que je sais le plaisir que vousrecevez en cette sorte d'entretiens. Celui-ci ne sera qu'une continua-tion de ceux que nous avons eus ensemble touchant le vuide. Vous savezquels sentiments les philosophes ont eus sur ce sujet. Tous ont tenupour maxime que la nature abhorre le vuide, et presque tous, passantplus avant, ont soutenu qu'elle ne peut ladmettre et qu'elle se détruiraitelle-même plutôt que de le souffrir. Ainsi les opinions ont été divisées :les uns se sont contentés de dire quelle l'abhorrait seulement ; les autresont maintenu quelle ne pouvait le souffrir. J'ai travaillé dans mon Abrégédu Traité du vuide, à détruire cette dernière opinion; et je crois queles expériences que j'y ai lapportées suffisent pour faire voir manifeste-ment que la nature peut souffrir et souffre en effet un espace si grandque l'on voudra, vuide de toutes les matières qui sont à notre connais-sance et qui tombent sous nos sens. .Te travaille maintenant à examinerla vérité de la première, savoir, que la nature abhorre le vuide, et àchercher des expériences qui fassent voirsi les effets que lon attribue àlhorreur du vuide doivent être véritablement attribués à cette horreur