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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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PASCAL

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du vuide, ou sils doivent l'être à la pesanteur et pression de lair; car,pour vous ouvrir franchement ma pensée, jai peine à croire que lanature, qui n'est point animée ni sensible, soit susceptible d'horreur,puisque les passions supposent une âme capable de les ressentir; et jin-cline bien plus à imputer tous ces effets à la pesanteur et pression dolair, parce que je ne les considère que comme des cas particuliers duneproposition universelle de léquilibre des liqueurs, qui doit faire la plusgrande partie du Traité que jai promis. Ce nest pas que je n'eusse cesmêmes pensées lors de la production de mon Abrégé ; et toutefois, fautedexpériences convaincantes, je nosai pas alors {et je nose pas encore)me départir de la maxime de l'horreur du vuide, et je lai même employéepour maxime dans mon Abrégé, nayant alors dautre dessein que decombattre lopinion de ceux qui soutiennent que le vuide est absolu-ment impossible, et que la nature souffrirait plutôt sa destruction que lemoindre espace vuide. Kn effet, je nestime pas quil nous soit permis denous départir légèrement des maximes que nous tenons de lantiquité, sinous n'y sommes obligés par des preuves convaincantes et invincibles.Mais, dans ce cas, je tiens que ce serait une extrême faiblesse den fairele moindre scrupule, et quenlin nous devons avoir plus de vénérationpour les vérités évidentes que dobstination pour ces opinions reçues. Jene saurais mieux vous témoigner la circonspection que japporte avant(pie de méloigner des anciennes maximes, que de vous remettre dans lamémoire lexpérience que je lis ces jours passés, en votre présence,avec deux tuyaux lun dans l'autre, qui montre apparemment le vuide dansle vuide. Vous vîtes que le vif-argent du tuyau intérieur demeura sus-pendu à la hauteur il se tient par lexpérience ordinaire, quand il étaitcontre-balancé et pressé par la pesanteur de la masse entière de lair; etquau contraire il tomba entièrement sans quil lui restât aucune hauteurni suspension, lorsque, par le moyen du vuide dont il fut environné, il nefut plus du tout pressé ni contre-balancé d'aucun air, en ayant été desti-tué de tous cotés. Vous vîtes ensuite que cette hauteur de suspensiondu vif-argent augmentait ou diminuait à mesure que la pression do lairaugmentait ou diminuait, et quenlin toutes ces diverses hauteurs desuspension du vif-argent se trouvaient toujours proportionnées à la pres-sion de l'air.

« Certainement, après cette expérience, il y avait lieu do se persuaderque ce nest pas lhorreur du vuide, comme nous estimons, qui cause lasuspension du vif-argent dans lexpérience ordinaire, mais bien la pesan-teur et pression de l'air qui contre-balance la pesanteur du vif-argent.Mais parce que tous les effets de cette dernière expérience des deuxtuyaux, qui sexpliquent si naturellement par la seule pression et pesan-teur de lair, peuvent encore être expliqués assez probablement parlhorreur du vuide, je me tiens dans cette ancienne maxime, résolu néan-moins de chercher léclaircissement entier de ette difficulté par uneexpérience décisive.

« J'en ai imaginé une qui pourra seule suffire pour nous donner lalumière que nous cherchons, si elle peut être exécutée avec justesse.Cest de faire l'expérience ordinaire du vuide plusieurs fois le même jour,dans un meme tuyau, avec le même vif-argent, tantôt au bas et tantôt ausommet dune montagne, élevée pour le moins de cinq ou six centstoises, pour éprouver si la hauteur du vif-argent suspendu dans le tuyause trouvera pareille ou indifférente dans ces deux situations. Vous voyez