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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DTX-PEPTTÈME STKCLE

déjà, sans doute, que cette expérience est décisive sur la question, etque s'il arrive rpie la hauteur du vif-argent soit moindre au haut quaubas de la montagne (comme jai beaucoup de raisons pour le croire,quoique tous ceux qui ont médité sur cette matière soient contrairesà ce sentiment), il sensuivra nécessairement que la pesanteur et pres-sion de lair est la seule cause de cette suspension du vif-argent, etnon ]ias lhorreur du vuide, puisqu'il est bien certain quil y a beaucoupplus dair qui pèse sur le pied de la montagne que non pas sur le sommet;au lieu que lon ne saurait dire que la nature abhorre le vuide au piedde la montagne plus que sur le sommet.

« Mais comme la dilliculté se trouve d'ordinaire jointe aux grandeschoses, jen vois beaucoup dans lexécution de ce dessein, puisqu'ilfaut pour cela choisir une montagne excessivement haute, proche duneville, dans laquelle se trouve une personne capable dapporter à cetteépreuve toute l'exactitude nécessaire. Car si la montagne était éloignée,il serait difficile d'y porter des vaisseaux, le vif-argent, les tuyaux etbeaucoup d'autres choses nécessaires, et dentreprendre ce voyage pénibleautant de fois quil le faudrait pour rencontrer, au haut de ces montagnes,le temps serein et commode qui ne sy voit que peu souvent; et commecest aussi rare de trouver des personnes hors de Paris qui aient cesqualités que des lieux qui aient ces conditions, jai beaucoup estimé monbonheur davoir, en cette occasion, rencontré lun et lautre, puisquenotre ville de Clermont est au pied de la haute montagne du Puy-de- Dôme , et que jespère de votre bonté que vous maccorderez la grâce devouloir y faire vous même cette expérience; et sur cette assurance, jelai fait espérer à tous nos curieux de Paris , et entre autres au H. P. Mer-senne, qui sest déjà engagé, par des lettres quil en a écrites en Italie ,en Pologne , en Suède , en Hollande, etc., den faire part aux amis quils'y est acquis par son mérite. .Te ne touche pas aux moyens de lexécu-tion, perce que je saisbien que vous nomettrez aucune des circonstancesnécessaires pour le faire avec précaution.

.Te vous prie seulement que ce soit le plus tôt quil vous sera pos-sible, et dexcuser cette liberté moblige limpatience que jai denapprendre le succès, sans lequel je ne puis mettre la dernière main auTraite que jai promis au public, ni satisfaire au désir de tant de per-sonnes (pii lattendent, et qui vous en seront infiniment obligées. Cenest pas que je veuille diminuer ma reconnaissance par le nombre deceux qui la partageront avec moi, puisque je veux, au contraire, prendrepart à celle qu'ils vous auront, et à demeurer d'autant-plus, Monsieur,votre très-luimble et très-obéissant serviteur.

15 novembre 1647.

« Pascal. »

Périer reçut à Moulins la lettre de.Biaise Pascal. Ses occu-pations de conseiller à la cour des aides, le retinrent long-temps dans cette ville. Il ne put se rendre à Clermont quedans lhiver de lannée suivante (10-18). Mais, pendant toute ladurée du printemps et de lété, le sommet du Puy-de-Dôme resta enveloppé de brouillards ou couvert de neiges qui en