PASCAL
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empochaient l’accès; il ne se dégagea entièrement que dansles premiers jours de septembre.
Le 20 septembre 1048, à cinq heures du matin, le temps pa-raissait beau et la cime du Puy-de-Dôme se montrait à décou-vert : l’érier résolut d'exécuter ce jour-là l’expérience depuissi longtemps méditée. Il fit avertir aussitôt les personnes quidevaient l’accompagner; et à huit heures du matin, tout lemonde se trouvait réuni dans le jardin du couvent des Minimes.Le P. Bannier, ancien supérieur de l’ordre, le P. Mosnier, cha-noine de l'église cathédrale de Clermont , La Ville et Begon,conseillers à la cour des aides, et Laporte, médecin de Cler mont , furent les témoins et les acteurs de cette expédition mé-morable.
Périer prit deux tubes de verre, longs de quatre pieds(l ,n ,209) et fermés par un bout; il les remplit de mercure, et fitYexjiérience du vide, c’est-à-dire les renversa tous les deuxsur le môme bain de mercure. Il marqua avec la pointe d'undiamant, la hauteur occupée dans le tube par la colonne demercure au-dessus du niveau du réservoir. Cette hauteur, plu-sieurs fois vérifiée, était, dans les deux tubes, de vingt-sixpouces trois lignes et demie i0 m ,7 IP. L’un de ces tubes fut lixéà demeure, et laissé en expérience. Le P. Chastin, un des reli-gieux de la maison, fut chargé de le surveiller, et d'y observerla hauteur du mercure, pendant toute la journée.
La compagnie quitta alors le couvent, emportant le secondtube, et l’on commença, à dix heures, à gravir la montagne. Onatteignit son sommet au milieu de la journée. Arrivé là, Périerrépéta Xexpérience du vide, telle qu’il l’avait exécutée le matin,dans le jardin des Minimes, et il mesura l’élévation du mercureau-dessus de la cuvette.
Le liquide, qui, au pied de la montagne, s’élevait à vingt-sixpouces trois lignes et demie (0 m ,711), ne s’élevait plus qu’àvingt-trois pouces deux lignes (O 11 . 1 ,026'; il y avait donc troispouces une ligne et demie '()">,085) de différence entre lesdeux mesures prises à la base et au sommet du Puy-de-Dôme .
Quand ils furent revenus de la surprise et de la joie que leurfaisait éprouver une si éclatante confirmation des prévisions de
(1) Œuvres de ftlai&e Pascal, t. IV, p. 3J<>.