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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS I)r DIX-SEPTIEME SIÈCLE

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la théorie, nos expérimentateurs sempressèrent de répéterl'observation, en variant les circonstances extérieures. Onmesura cinq fois la hauteur du mercure : tantôt à découvert,dans un lieu exposé au vent; tantôt à labri, sous le toitdune petite chapelle qui se trouvait au plus haut de la mon-tagne ; une fois par le beau temps, une autre fois au milieu desbrouillards qui venaient de temps en temps visiter ces sommetsdéserts : le mercure marquait partout vingt-trois pouces deuxlignes.

On se mit alors à redescendre. Arrivé vers le milieu de lamontagne, Périer jugea utile de répéter lobservation, afin dereconnaître si la colonne de mercure décroissait proportionnel-lement avec la hauteur des lieux. Lexpérience donna le résul-tat prévu : le mercure sélevait à vingt-cinq pouces (0 m ,G75),mesure supérieure dun pouce dix lignes (O 111 ,045) à celle quonavait prise sur la hauteur du Puy-de-Dôme , et inférieure dunpouce trois lignes (0 m ,03fi) à lobservation prise à Clermont- Ferrand . Périer fit deux fois la même épreuve, qui fut répétéeune troisième fois, par le P. Mosnier.

Ainsi le niveau du mercure sabaissait selon les hauteurs.

Les heureux expérimentateurs étaient de retour au couventavant la nuit. Ils trouvèrent le P. Chastin continuant dob-server son appareil. Le patient religieux leur apprit que lacolonne de mercure navait pas varié une seule fois depuis lematin. Comme dernière confirmation, Périer remit en expé-rience lappareil même quil rapportait du Puy-de-Dôme : lemercure sy éleva, comme le matin, à la hauteur de vingt-sixpouces trois lignes et demie f0 m ,711).

Le lendemain, le Père de La Mare, théologal de léglise ca-thédrale de Clermont, qui avait assisté, la veille, à tout ce quisétait passé dans le couvent des [Minimes, proposa à Périer derépéter lexpérience au pied et sur le faîte de la plus haute destours de léglise Notre-Dame . On trouva une différence dedeux lignes i0 m ,0015) entre les deux mesures prises à la base etau sommet de la tour de cette église.

Enfin, en déterminant comparativement la hauteur du mer-cure dans le jardin des Minimes, situé dans une des positionsles plus basses de la ville, et sur le point le plus élevé de lamême tour, on constata une différence de deux lignes et demie.