SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIÈCLE
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fait physique de la pesanteur de l'air, sans dire que Descartes a réclamé une certaine part dans cette découverte. Il prétendque c’est par son conseil que Pascal fît exécuter l’expériencesur le Puy-de-Dôme , ajoutant que, sans lui, Pascal n’y auraitjamais pensé, parce que son opinion était contraire au fait dela pesanteur de l’air.
C’est dans une lettre, datée du 11 juin 1648, adressée à Car-c.avi, que Descartes réclame l’honneur de cette idée, parceque c’est lui, dit-il, qui, « deux ans auparavant, a adviséPascal de faire son expérience sur les montagnes de l’Au vergne , et qui l’a assuré que, bien qu’il ne l’eût pas faite lui-même, il ne doutait pas du succès. »
Dans une autre lettre du 17 août de la même année, adresséeégalement à Carcavi, Descartes s’exprime ainsi :
« Je vous suis très-obligé de m’avoir appris le succès de .VT. Pascal,•l'avais quelque intérêt à le savoir; c'est moi qui l’ai prié, il y a deux ans,de la vouloir faire, je l’avais assuré du succès sur une chose entièrementconforme à mes principes, sans quoi il n’eût eu garde d’y penser, à causequ’il était d'opinion contraire. »
Que faut-il penser de cette revendication? Sans doute Des cartes s’exagérait à lui-même l’importance des quelques con-seils donnés à Pascal, dans une ou deux conversations sur cetsujet.
La carrière scientifique de Pascal se termine à l’événementque nous venons de raconter. On peut dire qu’à partir de 1648,il échappe à l'histoire des sciences. C’est peu de temps aprèsson expérience faite sur la tour Saint-Jacques-la-Boucherie,que Pascal commença à se tourner entièrement vers les dogmesde la foi, et à s’interdire, par scrupule religieux, le commercedes mathématiques et de la physique. Le livre de Jansenius ,la information de l'homme intérieur, celui de Saint-Cyran , laFréquente communion , avaient provoqué un complet change-ment d’esprit dans ce jeune homme, dont la science attendait «de si brillants services. Pour Jansenius , la curiosité dans lessciences, n’était qu’une forme de la concupiscence charnelle.
« C’est, dit Jansenius , cette curiosité toujours inquiète qu’on a palliéelu nom de science. De là est venue la recherche des secrets de la nature