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PASCAL 4G3
qui ne nous regardent point., qu’il est inutile de connaître, et que leshommes ne veulent connaître que pour les savoir seulement. »
M. Sainte-Beuve 11 e doute pas que le premier ébranlement dela raison de Pascal, 11 e soit venu du livre de Jansenius :
« A la lecture de ce livre, ajoute l'éminent critique, tout un rideaudut se tirer du tond de l'âme do Pascal ; la physique, la géométrie luiapparurent pour la première Ibis dans un nouveau jour, il se sentit at-teint entre tous de l'orgueilleuse et royale maladie. »
Ce ne fut pas sans des déchirements intérieurs que Pascalexécuta ce qu'il croyait être un sacrifice à Dieu . Il lui fallut« d’horribles attaches pour résister aux grâces abondantes queDieu lui donnait. »
Toutefois, si le nouveau janséniste avait le courage de re-noncer aux sciences exactes, il restait, au moins, fidèle à lalittérature. Ses travaux de mathématiques, ses expériences surle vide, faites à Rouen , son expérience du Puy-de-Dôme né-cessitaient des expositions, des discussions, des correspon-dances très-nombreuses. Dans tous les écrits et dans les lettresqu'il dut composer à cette occasion, on voit se révéler levigoureux talent de l’homme appelé à former la nouvellelangue française ; on sent la plume d’où doivent s’échapper lalogique ardente et sévère, l’ironie sublime ou comique, desProvinciales.
La terrible maladie, dont il avait ressenti les premières at-teintes, deux ans auparavant, la paralysie, frappa de nouveauPascal, en 1649, à la suite d’un travail trop assidu. Il étaittourmenté de maux de tête insupportables et de douleursd’entrailles. Par suite d'un spasme ou d’une paralysie du go-sier, il ne pouvait supporter que des boissons chaudes; encoreétait-il forcé de les avaler goutte à goutte. Il 11 e pouvait ré-chauffer ses pieds et ses jambes glacés, qu’en arrosant ses sou-liers avec de l’eau-de-vie. Ses médecins, fort mal avisés,l’avaient saigné et purgé à outrance, malgré les avis de Des cartes , qui ne demandait pour lui que le lit et du bouillon. Ilfut forcé de reprendre l’usage des béquilles, et on lui interditde nouveau toute application d’esprit.
(^1) Histoire de Port-Hoyal-dds-Champs, t. II, p. 172*