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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE

La mort de son père, arrivée en 1G5I, fut un chagrin cruel,qui vint se joindre à tant de maux. Pascal ressentit la plus pro-fonde douleur de la perte de cet homme de bien, qui lui avaitdonné linstruction, en même temps que lexemple du travailet de la probité.

La douleur morale quil éprouvait de cette perte, jointe auxsouffrances de la maladie, auraient certainement été mortelspour lui, si loisiveté l'eût livré, sans distraction, à lamertume deses pensées. Ses amis exigèrent donc quil fréquentât le mondeet les réunions publiques. La fortune que son père lui avaitlaissée, lui permettait de mener un train assez brillant.

Au milieu de cette vie de distractions, il revenait, par inter-valles, à la géométrie. Il reprenait sa correspondance avecFermât , sur le calcul infinitésimal; il adressait à un grandjoueur, le chevalier de Me, en réponse à une de ses de-mandes, une dissertation sur les paris , cest-à-dire sur le cal-cul des probabilités; il inventait la brouette, dont personne,comme chacun sait, navait eu lidée avant lui, et en mêmetemps le baquet, pour lemploi du cheval. Il songeait à entre-prendre une spéculation sur le transport, dans Paris , des voya-geurs en commun ; et, sous le nom de carrosses à cinq sous, ilinventait les omnibus. Il en demandait même le privilège, qu'ilne put, dailleurs, exploiter lui-même. En un mot, il prenaitsa place dans le monde, et vivait de lexistence honorable, etquelque peu agitée, de la haute bourgeoisie de ce temps.

Le mouvement pris à propos, un régime sobre, des plaisirshonnêtes, en rapport avec la noblesse de ses penchants, avaientremédié, en partie, au mal redoutable dont il avait éprouvé lesatteintes. Il songeait même à se marier. A lexemple de sonpère, à lexemple de Fermât , il se proposait dacheter unecharge de conseiller, et dentrer dans la magistrature.

Ainsi, Biaise Pascal paraissait sauvé, et lon espérait quilpourrait fournir une longue carrière, comme beaucoup dhom-mes qui finissent par triompher, en avançant en âge, dunesanté précaire et dune constitution délicate. Un accident dé-plorable vint ruiner ces espérances. Sur une personne jouis-sant dune santé ordinaire, un accident de ce genre nauraitcausé quune impression, très-pénible, sans doute, mais fugi-tive, et qui naurait eu aucune suite; mais sur l'organisation