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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE

un mitre arrêt, du 30 décembre 1038, il est nommé Pierre de Fermât . La particule nobiliaire est ainsi officiellementacquise à sa famille. Cest que ladmission, à titre de conseil-ler dans un parlement, conférait la noblesse de robe. Il y avaitaussi quelques professions dans lesquelles on jouissait d'unprivilège analogue ; telle était, par exemple, la profession deTerrier.

Il est établi, par les documents patiemment compulsés àBeaumont, par M. Taupiac, que Pierre de Fermât avait des pro-priétés considérables dans cette localité, et quil sy rendait sou-vent. Il y fit baptiser ses enfants ; il présidait quelquefois leconseil de la commune. Il aimait son pays natal, rendait à sescompatriotes tous les services qui dépendaient de lui, et nelaissait échapper aucune occasion de multiplier ses relationsavec eux.

« On aime, dit 31. Libri, à voir celui auquel Pascal, saisi d'admiration,écrivait: Je vous liens pour te plus grand géomblrede- l'Europe ; vos enfantsparlent le nom du premier homme du monde, prendre la défense des pau-vres habitants de Beaumont, soutenir leurs privilèges et assister à leursdélibérations (1). »

Un jour, il rédige des remerciements adressés au princede Conti, qui a donné lordre de ne plus loger une compagnie deehevau-légers chez les habitants. Un-autre jour, il prend soindexpliquer à de pauvres paysans, leurs vieilles coutumes ,écrites en latin du Moyen âge , sollicitude affectueuse propre àmontrer que, dans Fermât , la vraie noblesse, celle du cœur,se trouvait jointe à la supériorité de lesprit.

Conseiller à la Chambre des requêtes du Parlement deToulouse, Fermât avait à rapporter des affaires, cest-à-direà faire, devant ses collègues, une exposition écrite des pro-cès quil était chargé dexaminer. Cétait une tâche délicate,qui exigeait tout à la fois une conscience intègre et les lumièresdun jurisconsulte éclairé. Fermât réunissait en lui ces deuxconditions. Les documents trouvés dans les papiers de lancienparlement, par Pelleport, archiviste de la cour royale de Tou­ louse , pourraient en fournir plus dune preuve. Il consacrait àla culture des lettres et des sciences tous les moments de loisir

(1) Kevuc des Deux Mondes^ 15 mai 1845.