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SAVANTS DT' DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
Fermât vivant en province, souvent à la campagne, ne putêtre apprécié, durant un assez grand nombre d'années, que parquelques esprits d’élite, qui, à Paris , à Londres , à Florence ,admiraient ses méthodes analytiques. M. Libri pense que laplupart de ses écrits furent égarés. Le peu d’importance queFermât lui-même paraissait y attacher, confirme cette opinion.Ils eurent néanmoins une influence réelle sur son siècle, commel’a parfaitement établi l’abbé Genty, dans un Discours sur l'In-fluence de Fer niai sur son siècle ., qui, en 1783, remporta le prixproposé par l’Académie des sciences de Toulouse .
Il est certain que, si Descartes , qui revendiquait avec ardeurles idées heureuses qu’il crojmit avoir communiquées à d’autres,même de vive voix, avait eu la moindre part aux découvertesde Fermât , il n’eût pas manqué de les lui disputer : « Sonsilence seul, dit l’abbé fientv, prouve sans réplique qu’iln’avait aucun droit à faire valoir sur les inventions de sonrival. »
Les travaux mathématiques de Fermât renfermés dans sesOpéra varia, ont été exposés avec un grand talent, dans unvolume ayant pour titre : Précis des enivres mathématiquesde Fermât et de /'arithmétique, de Diophante , par C. Brassine,professeur à l’École d’artillerie de Toulouse (1). C’est là que leslecteurs qu’intéresse cette branche transcendante des mathé-matiques, trouveront l’analyse exacte des grands travaux deFermât . Nous sortirions du cadre de cet ouvrage, en abor-dant de questions qui exigeraient, pour être comprises, unemploi continuel de figures et de signes de géométrie et d’al-gèbre.
Bornons-nous à dire que Fermât est le premier qui ait conçule principe fondamental du calcul différentiel, et qui l’aitappliqué à des questions de maxirnis et de minimis. Lemémoire de Fermât sur les quadratures renferme une mé-thode complète « pour Xintégration des monômes à exposantsentiers , fractionnaires, positifs ou négatifs », et le pro-cédé qu’il emploie, dans deux cas par ticuliers, s’applique à desexposants quelconques. Le principe de la méthode connuesous le nom ^intégration par parties, aujourd’hui en usage, se