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SAVANTS DIJ DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
ouvrage paraisse sons mon nom, vous remettant à cela près, le choix detoutes les désignations qui pourront marquer le nom de l’auteur quevous qualifierez votre ami. Voici le biais que j’ai imagine pour la secondepartie, qui comprendra mes inventions pour les nombres; c'est un travailqui n’est encore qu’en idée, et que je n’aurais pas le loisir de coucher aulong sur le papier; mais j'enverrai succinctement à M. Pascal tous mesprincipes et mes premières démonstrations ; de quoi je vous réponds àl’avance qu'il tirera des choses non-seulement nouvelles et jusqu’ici in-connues, mais encore surprenantes. Si vous joignez votre travail au sien,tout pourra succéder et s’achever en peu de temps, et cependant onpourra mettre au jour la première partie que vous avez en votre pouvoir.Si M. Pascal goûte mon ouverture, qui est principalement fondée sur lagrande estime que je fais de son génie, de son savoir et de son esprit,je commencerai d’abord à vous faire part de mon invention numérique. »
Cependant ce projet ne fut pas mis à exécution. Par-mi les diverses causes qui purent l'empêcher, il faut sansdoute mettre en première ligne les difficultés que rencontraPascal, lorsqu’il voulut coordonner, dans un plus vaste cadre,des notes incomplètes ou négligemment rédigées, et ramener àune même théorie générale des principes et des procédés d’ap-plication que Fermât envisageait peut-être d’un point de vuedifférent. Ce qui est certain, c’est que Fermât , de son vivant,ne publia rien. Le petit nombre de travaux qu’on a de lui futpublié, après sa mort, par son fils, sous ce titre ; Opéra variaFermatii.
On ignore comment Fermât passa les derniers temps de savie. On a seulement trouvé la note suivante dans un ancien re-gistre du parlement de Toulouse : « Pierre Fermât , aux re-quêtes, 14 mai 1031; en la cour le 10 janvier 1635; décédé,à Castres , le 12 janvier 16G5 (1). »
On voit au musée de Toulouse , au-dessus du buste de Fer mât , la pierre tumulaire, où l’on avait gravé une longue épi-taphe contenant les particularités de son caractère et de sa vie.Nous la traduisons du latin :
.< A la pieuse mémoire de P. de Fermai, sénateur de Tou louse , qui excella dans les lettres ou belles-lettres, dans lesmathématiques, dans la philosophie, et qui posséda plusieurslangues. Il fut aussi très-versé dans la jurisprudence, et ilremplit avec ■une telle exactitude ses fonctions d,e juge, qu’on eûtpu croire que les forces de son génie étaient concentrées sur ceseul point, bien quelles fussent appliquées à tant d’objets diè-