Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
490
JPEG-Download
 

490

SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

« Désargues sest aperçu qu'une bonne partie îles arts pratiques sefonde sur la géométrie, qui est une base assurée; tels sont, par exemple,en architecture, celui de la coupe des pierres quon nomme pratique duIrait géométrique; celui des cadrans solaires, dénomination qui enexplique assez lorigine et le but; celui de la perspective en l'art de lapuurtraiclure. Après avoir considéré, au double point de vue de lagré-ment et de lutilité, tous les avantages que ces arts peuvent offrir, iltâcha de découvrir les principes et les règles sur lesquels étaient fondéesleurs applications pratiques telles qu'on les voyait alors en usage : ilsaperçut que ceux qui se. livrent à ces applications pratiques ont étéobligés, pour chacune d'elles, à charger leur mémoire dun grand nombrede leçons, d est résulté un incroyable embarras dans leur entende-ment. Aussi, loin dexécuter diligemment louvrage, perdent-ils unepartie de leur temps à chercher, en tâtonnant, et comme au hasard, sur-tout dans la pourlraiclure , lune des plus belles inventions de lesprithumain, la plupart des peintres et autres ouvriers travaillent sansguide et sans direction précise, se donnent, pour faire peu et mal, unefatigue quon ne saurait imaginer. Ce fut un désir très-vif de les soulagerdans l'accomplissement de leur tâche, si laborieuse et souvent si ingrate,qui le détermina à chercher des règles abrégées pour chacun desarts, etc. »

Nous avons rapporté, dans ce passage, les idées de Désar-gues, en modifiant un peu le style dAbraham Bosse , qui étaitun habile graveur, mais un fort mauvais écrivain.

Désargues passait pour être, après Descartes , de tous lesmathématiciens français , celui qui écrivait le mieux. Il ex-cellait surtout dans lart de généraliser les idées. Ce futen faisant dériver dun principe commun une foule de détailsjusque- isolés, et en ramenant diverses règles particulièresà une règle générale qui les embrassait toutes, quil par-ant à abréger les procédés de raisonnement et dapplicationou dexécution, dans les arts dont il soccupa. Montesquieu a dit : Celui qui voit tout, abrège tout; cette considé-ration doit donner une très-haute idée du génie de Dé­ sargues .

On lui a reproché, dune part, son extrême concision, d'ourésulte parfois un peu dobscurité, et de lautre, lemploi,sans nécessité évidente, dexpressions et de termes nouveauxdans le langage de la science. Il donne à son Traité des co-niques ce titre bizarre ; Brouillon-Projet d'une atteinte aux évé-nements des rencontres d'un cône avec un plan.

A la vérité, ses ouvrages nétaient que des brouillons , com-posés sur des feuilles volantes et en caractères très-menus. Il