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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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DESARGUES

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poser quil en avait reçu des services plus importants peut-êtreque celui de lui prêter appui dans tous ses débats scientifiques.

Pour avoir été ainsi à môme de servir efficacement Descartes ,Désargues devait avoir dans les rangs élevés de la société uncertain rang et des relations influentes. Au nombre de ses amisse trouvaient les deux Pascal, père et fils. Biaise Pascal, à lâgede seize ans, avait composé, comme on la vu dans sa biogra-phie, un ouvrage sur les sections coniques, qui fut envoyé àDescartes . Celui-ci, après en avoir parcouru une partie, écrivitque ce quil venait de lire avait été appris de Désargues , et ilfaut convenir que la manière dont le jeune Pascal parlait deDésargues , dans son Essai sur tes coniques, portait assez àfaire cette supposition. Cependant Désargues ayant affirmé lecontraire, Descartes attribua l'ouvrage à Pascal le père, et refusaobstinément de croire que ce fût lœuvre dun jeune homme deseize ans. Il se peut que Désargues eût exposé sa théorie à Pascalpère; que des discussions, sur cette malière, eussent été plu-sieurs fois soulevées, et que le jeune Pascal en eût recueilli etrédigé une partie. Il est certain que Descartes avait reconnudans ce travail mathématique la méthode et les idées de Dé­ sargues .

Le Brouillon-Projet de Désargues , publié en 1639, fut assezmal accueilli. Il reçut de quelques mathématiciens la qualifi-cation de Leçons de ténèbres. Lestime d'un petit nombredhommes distingués fut impuissante à défendre lauteur dunegéométrie nouvelle contre ses nombreux détracteurs. 11 futattaqué, avec un acharnement inouï, dans des diatribes, dansdes libelles, et jusque dans des placards affichés dans les rues,car, au dix-septième siècle, les murailles servaient quelquefoisà enregistrer les querelles des savants.

Désargues fut affecté, plus quil ne convenait, de toutes cesattaques. Il renonça à publier, sous son nom, les ingénieuses etutiles applications quil avait faites de sa méthode à la perspec-tive et à la gnomonique. U avait rédigé un Traité de perspec-tive ; il ne voulut pas y mettre son nom, et le fit paraître souscelui dAbraham Bosse , habile graveur de Tours , son discipleet son ami (1).

(1) En tête Je la Perspectwe, publiée par Bosse, se trouve une reconnaissance Je