CASSINI
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gnité que de sagesse et d’habileté. « Ce seigneur était, ditCassini, d’une grande vivacité d’esprit, et fort ardent dans lesdisputes de philosophie et de théologie, sur lesquelles nous nousexercions souvent. » Ceci se passait en 1G4G.
Cassini fit encore la connaissance d’un ecclésiastique, origi-naire de la Corse, qui lui prêta quelques livres d’astrologie.
Le fameux Pic de la Mirandole avait publié, contre l’astro-logie et contre les astrologues, un ouvrage qui avait alors dela vogue. Cassini, l’ayant lu, jugea que l’astrologie n'étaitqu’une science vaine, et que l’astronomie seule méritait d’êtresérieusement étudiée.
De retour à Gênes , il fit part de cette réflexion à ses amis.Mais il les trouva, pour la plupart, trop prévenus en faveur del’astrologie judiciaire, pour qu’il lui fût possible d’ébranler surce point leur conviction. Il en parla au jésuite Noceto , théolo-gien du sénat de Gênes , et le pressa de combattre cette vainescience dans les sermons que ce Père faisait à l’église Saint-Ambroise. Le P. Noceto, partageant l'opinion du jeune philo-sophe, osa, en effet, attaquer l’astrologie.
Il y avait alors, à Gênes , un gentilhomme nommé ThomasOdarigo, qui, tous les ans, publiait un almanach des prédictionsastrologiques. Ce digne ancêtre de Mathieu (de la Drôme) avaitannoncé, dans son almanach, une tempête qui, en effet, éclataau jour prédit. Mais toute médaille a son revers. Odarigo avaitprédit, pour un autre jour, une tempête non moins épouvan-table. A l’approche de ce jour, la consternation était dans tousles esprits, et nombre de personnes quittaient Gènes de peurd’être ensevelies sous ses ruines. Ce johr, que tous ceux quiétaient restés dans la ville, croyaient devoir être pour eux ledernier, arriva enfin, et il fut un des plus beaux de l’année. LeP.Noceto, profitant de l’échec de notre astrologue, n’eut pas depeine à confondre son adversaire, qui, pour se venger, publiacontre le jésuite, un livre intitulé : II cielo aperto.
La discussion finit mal pour le jésuite philosophe; il futarrêté et renfermé dans la tour du palais, en exécution d’unordre émané du sénat. L’astrologie avait pour elle le brasséculier.
A l’instigation de Lercaro, Cassini suivit, à Gênes , le coursde droit que le docteur Lomellino faisait pour plusieurs gen-