CASSINI
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accompagné d'une forte grêle, dévasta les campagnes desenvirons. Le marquis, son almanach à la main, fit constaterà Cassini combien l’événement avait justifié ses prédictions.« Foi’ t bien, répliqua Cassini, mais voj'ons sur quel fondementvous vous êtes appuyé, et repassons vos calculs. » On procédasur-le-champ, à cette vérification. Or, il fut reconnu qu'il exis-tait une erreur dans les éphémérides qui avaient servi de baseaux calculs du marquis. Cette concordance, entre la prédictionet l’événement dont il était si fier, n’était que le résultat d’unefaute d’impression !
Cassini était arrivé à Bologne en 1G49. Les professeurs quioccupaient alors, à l’Université, les chaires de mathématiques,étaient le P. Ricci, disciple de Cavalieri, et auteur d’un ouvrageen deux volumes, ayant pour titre : Directorium Uranometri-cum; — Ovidio Montalbani, qui était chargé de donner tousles ans, un abrégé de l'état du ciel; — Pierre Mengali et lecomte Mansini, auteurs d’observations astronomiques ; — et aucollège des Jésuites, le P. Riccioli, auteur du Moderne Alnui ■geste; —enfin, les PP. Grimaldi et Bettini, auteurs de quel-ques ouvrages sur l’astronomie.
Par les conférences fréquentes qu’il eut avec ces savants,Dominique Cassini ne tarda pas à se faire une certaine répu-tation et à acquérir quelque faveur auprès du Sénat . En 1(350,il obtint la chaire d’astronomie, qui était devenue vacante parla mort de Cavalieri. Il n’avait alors que vingt-cinq ans.
Cassini , devenu professeur à l’Université de Bologne , entre-prit la correction des tables astronomiques, et se livra, pourcela, à l’observation du ciel. Dans l’exécution de ce travail, ileut pour collaborateurs Montalbani, Ricci, Mengoli , Montanari.Us se réunissaient fréquemment, pour faire des expériences dephysique, et pour résoudre des questions de mathématiques.L’abbé Giustiniani et d’autres savants faisaient insérer les ré-sultats de ces études dans les journaux de Parme . A la sollici-tation de ses amis, ou de quelques personnes de condition,Cassini répétait ses expériences, soit chez, le vice-légat, soitchez l’abbé Pepoli.
En 1652, parut une comète, qui fut observée par l’archevêquede Bologne . Le marquis de Malvasia voulut également l'étudier.Il partit pour sa campagne de Pausano, où il avait établi,