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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
comme nous l’avons dit, un observatoire. Geri, son disciple,Cassini et Beringelli, l’y accompagnèrent. Bien que les instru-ments d’astronomie ne fussent pas en très-bon état, Cassini puts’en servir pour marquer la situation de la comète relativementaux étoiles voisines, et pour déterminer, jour par jour, sondéplacement.
Le duc François de Modène, qui était grand amateur d’astro-nomie, se transportait quelquefois à Pausano, pour être témoindes observations célestes, et pour examiner les instruments.Pour lui complaire, Malvasia fit imprimer les observations deCassini sur les comètes.
Le dominicain Ignace Dante avait entrepris de tirer unegrande ligne dans l'église de Sainte-Pétrone, à Bologne , pourobserver le soleil. Il avait fait usage, pour cela, d’une ouver-ture pratiquée dans le mur méridional de la nef orientale del'église. Mais les rayons du soleil qui entraient à midi, parcette ouverture, allaient rencontrer les colonnes. On n’avaitdonc pu tracer sur le pavé qu’une ligne dont la déclinaison, parrapport à la méridienne, était de plus de 9 degrés. On n’y voyaitd’ailleurs aucune division qui pùt servir à connaître les hauteursdu soleil. Cassini vit la possibilité de tracer une longue méri-dienne qui ne rencontrât point les colonnes, en passant entreleurs bases. Il chercha et trouva dans la voûte un point élevépar où l’on pouvait faire entrer les rayons solaires pour formerune bonne méridienne. Il se mit à l’œuvre et obtint une zoneméridienne pouvant, à midi, recevoir l'image du soleil pendanttoute la durée de l’année. Il parvint à déterminer, de cettemanière, l’obliquité de l’écfiptique, qu’il trouva égale à 23 de-grés 29 minutes, la réfraction horizontale de 32 à 33 minutes,et la parallaxe du soleil presque insensible. Il trouva plus tardque cette parallaxe est de 10 secondes. Enfin, il détermina lapartie de la circonférence de la terre que la longueur de sanouvelle méridienne occupait dans le ciel. Ses déterminations,dit-il, furent depuis vérifiées par les opérations que Picard fiten France .
La reine Christine de Suède , qui venait d’abdiquer, passaiten ce moment par Bologne, pour se rendre à Rome . Cassini luiprésenta, imprimé sur une feuille de satin, le dessin de saméridienne , et il lui dédia, en outre , un petit ouvrage qui a