506
SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
voyait là une nouveauté dangereuse, lui avait refusé la permis-sion de la faire imprimer.
Dans les intervalles que lui laissaient ses différents voyages,Cassini résidait à Bologne , ou le marquis d’Angelelli lui avaftfaitpréparer, dans son hôtel, une chambre, décorée d’emblèmeset de peintures relatifs à l’astronomie. Il occupa cette chambrependant tout le temps que le marquis passa en France . En 1658,lorsque le marquis fut de retour à Bologne , Cassini prit, enface de son hôtel, une maison, qui devint, pour plusieurs savantsdistingués, un lieu de réunion. Là, Malpighi , Frascati, Mauri,Pinchiari, etc., se livraient, avec lui, à des expériences et àdes dissertations sur diverses parties des sciences.
En 1664, le pape appela Cassini à Rome : il s’agissait de ré-gler, de concert avec l’ambassadeur de Bologne , Campeggi, lecours de la Cliiane, rivière qui, autrefois, mêlait ses eaux àcelles du Tibre , et qui alors les jetait dans celles de l’Arno . Legrand duc de Toscane demandait que les anciennes conven-tions , relatives à la distribution des eaux entre les Florentinset les Romains, fussent rigoureusement observées.
Pendant ses dernières tournées pour l’affaire de la Cliiane,Cassini écrivit une longue lettre en latin, au docteur Montal-bain, sur les insectes qui produisent la noix de Galle. Le doc-teur la fit imprimer dans son Addition aux ouvrages d'Aldro-vande.
Cassini observa à Rome , en 1664, une comète qui commen-çait à paraître. Aidé de l’abbé Passionei, il marqua les rapportsde cette comète avec les étoiles voisines.
La reine de Suède pria Cassini de la faire participer à sescurieuses observations. Aussi le jeune astronome se crut-ilobligé de dédier à Christine de Suède le petit ouvrage qu’il ritimprimer sur cet astre voyageur.
Cassini était logé, à Rome , place Colonna, chez le marquisCampeggi, ambassadeur de Bologne . Presque tous les jours,ordinairement après le dîner, la reine de Suède lui envoyaitson carrosse et un page, pour le conduire dans le palais du mar-quis liiari, où elle demeurait. Cassini passait, avec la reine,plusieurs heures, à l’entretenir sur les sciences, jusqu’au mo-ment où la comète, paraissant à l’horizon, les avertissait qu’ilétait temps de songer aux observations célestes.