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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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CASSINI

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Tout le monde connaît lanecdote touchante que nous allonsrappeler. Cassini ne voulait point se couvrir la tète, en présencede Christine. Mais la reine, craignant que le froid de la nuit nefût nuisible à lastronome, prenait la peine de lui envelopperelle-même sa tète avec son mouchoir.

Le cardinal Assolini allait presque tous les jours visiter lareine, quelques heures avant le moment devaient commencerles observations de la comète. Cette princesse avait un plaisirextrême à entendre le cardinal et lastronome disputer entreeux sur les sciences.

Christine de Suède avait fait travailler sans succès à la fabri-cation dun miroir concave pour lobservation des astres. Cas-sini en avait un très-grand chez lui, à Bologne . Il le fit trans-porter à Rome , et le prêta à la reine. On ne sut jamais depuisce quétait devenu ce miroir. Sans doute, après la mort deChristine, le cardinal Assolini, son héritier, lavait compris aunombre des objets qui appartenaient à la succession, et se létaitapproprié. Cassini, qui ne croyait pas quil fût possible denfabriquer un plus grand, ni un meilleur, regretta toujours cetinstrument.

Cassini passait à Rome une partie de la nuit à contempler lavoûte céleste. Armé dune excellente lunette, que lui avait donnéCampani, le plus habile opticien de ce temps, il observa lesombres que les satellites de Jupiter projettent sur le disque decette planète, lorsquils passent entre elle et le soleil. En pu-bliant cette découverte, il engagea dautres astronomes à diri-ger de ce côté leurs observations. On lui écrivit, de Rome , caril était alors en Toscane , quon avait, en effet, aperçu, sur laplanète, une ombre qu'accompagnait une autre ombre moinsobscure. Il répondit aussitôt que cette pénombre apparente né-tait autre chose, en réalité, quune tache adhérente au disquede Jupiter . Le retour périodique de ces taches, lui fit recon-naître que cette planète tourne sur son axe en 9 heures 56 mi-nutes.

Quand il se trouvait à Rome , il avait de fréquentes conférencesavec les savants de la Ville-Éternelle. Le soir, des personnesdelà plus haute distinction demandaient à être admises dans lelieu il faisait ses observations. Quand il les faisait sur laterrasse du collège de la Propagande de la Foi, le frère et les