508
SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIÈCLE
neveux du pape y assistaient. Un jour, D. Augustino Chigi lerencontre sur le chemin de Castelgandolfo , le fait monter danssa voiture, et, sans le prévenir de son dessein, il le conduit chezle pape. Cassini fut reçu par Alexandre VII avec les témoi-gnages de la plus grande satisfaction. Le pape, qui aimait ex-trêmement à s’entretenir sur les sciences, et particulièrementsur l’astronomie, le garda toute la journée auprès de lui.
L’Académie del Oimento , qui avait été instituée à Florence ,par le prince Léopold de Toscane , adressait à Cassini, avecprière de les résoudre, des questions sur l’équilibre des liquideset celui des corps flottants. Cassini résolvait ces problèmes dela façon la plus satisfaisante au gré de l'Académie , et de là ré-sulta une sorte d’intimité entre cette Académie et lui. Toutesles fois qu’il passait par Florence , l’Académie se rassemblaitextraordinairement; le grand duc assistait à la séance, et Cas-sini avait la première place à côté du prince.
Le grand duc de Florence ne laissait échapper aucune occa-sion de témoigner à Cassini la haute estime qu’il avait pour sonmérite. Tous les jours, à Florence , dans la maison du comteMarescotti, où il était logé, Cassini recevait quelque présent,envoyé par le prince, et un de ses carrosses était à ses ordres.Le grand duc l’invitait souvent à sa table. Il s’amusait à répéterlui-même les expériences dont Cassini avait parlé, et le soir, ilfaisait avec lui, de temps en temps, des observations astrono-miques.
Le grand duc eût voulu que Cassini se fixât à Florence .L’astronome le remercia, en lui représentant qu’étant au ser-vice du pape, non-seulement investi de diverses fonctions scien-tifiques, mais en outre officiellement chargé de négociations etd’affaires importantes, il ne pouvait s’engager hors des États de1 Église. En effet, l’intendance des fortifications du fort Urbainlui avait été conférée, en 1GG3, par D. Mario, frère du papeet général des troupes de l'Église, et depuis, il avait été chargéde l’inspection des forteresses de Perringia et du Pont-Félix,auxquelles il avait fait ajouter des ouvrages considérables.
Au commencement de 1G68, le pape Alexandre VII étantmort, Clément IX fut élevé au saint-siège. Il y eut, à cette oc-casion, à Bologne , des réjouissances solennelles dont Cassiniécrivit et fit imprimer une description, qu’il dédia au cardinal