CASSINI
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CarafTa. Il publia ensuite, et dédia au cardinal Rospigliosi, sesÉpliémèrides des satellites de Jupiter , destinées à la rechercheet au calcul des longitudes de cette planète.
En 1668, se trouvant de nouveau à Rome , pour quelques né-gociations, « il reçut, dit-il, l'heureuse nouvelle de l’honneurque le roi de France lui avait fait, en le mettant au nombre deceux qui devaient composer son Académie royale des sciences. »
La première observation que Cassini trouva digne d’être en-voyée à la nouvelle Académie des sciences de Paris fut cellede l’éclipse de lune du 26 mai 1668. C’était du palais du car-dinal d’Estrées que cette éclipse avait été observée, à Rome ,en présence de l’élite de la noblesse et des savants. En at-tendant l'heure où elle devait commencer, Cassini montraà l’illustre compagnie quelques phénomènes célestes intéres-sants, par exemple les taches de Mars, qu’il avait découvertesdepuis quelques années, d’autres taches sur le globe et l’anneaude Saturne , et d’autres sur le disque lunaire. Il fit remarquer,au milieu de ce disque, des taches, en forme de petites îles, quisemblaient s’élever sur un lac. Le moment de l’éclipse arriva ;mais il survint des nuages, qui ne permirent pas de l’obser-ver plus d’une demi-heure. On put néanmoins en distinguerquelques phases, et constater l’immersion de plusieurs tachesdans le cône d’ombre.
Cassini envoya à l’Académie des sciences de Paris les tablesdu mouvement des satellites de Jupiter , avec les éphémérides dedoutes les éclipses de ses satellites, calculées pour la mêmeannée. Ces éphéméridse étaient les premières qu’on eût en-core publiées. Dès qu’elles eurent paru, on commença, enFrance , en Italie , en Hollande, en Angleterre, en Pologne ,à observer les éclipses des satellites de Jupiter , et à comparerentre eux les résultats de toutes ces observations.
Les hypothèses et les tables des satellites de Jupiter , réformées sui-de nouvelles observations, sont, dit Delambre, les titres les plus solidesde la gloire de Cassini. Les premières tables qu'il avait composées enItalie , ou plutôt le calcul des éclipses fait sur ces tables, avaient décidéPicard à recommander fortement l’auteur à Colbert , qui proposa àLouis XIV de l’attirer en France , pour perfectionner la géographie (1). »
( 1 ) Histoire de l'astronomie moderne.