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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

Le roi de France , Louis XIV , était avec un certain instinctdu grand et du beau. Il comprenait tout ce que le perfectionne-ment des lettres, des sciences et des arts, peut répandre degloire et d'éclat sur un règne et sur une nation. On peut blâmersa politique, car le despotisme na jamais été un principe légi-time de gouvernement; mais il faut convenir que, si la Frances'éleva, à cette époque, au premier rang, en Europe , par lé-clat dune civilisation perfectionnée, cest à Louis XIV quilfaut en attribuer une bonne part. Lart de discerner le vraimérite et de choisir les hommes les plus propres à concourir,chacun selon ses aptitudes et son genre desprit, à laccomplis-sement d'un grand dessein, est le seul qui soit véritablementnécessaire dans un chef dÉtat, et lon sait que Louis XIV leposséda au plus haut degré. Persuadé quil existe toujours, enFrance , un nombre suffisant dhommes délite, mais dont laplupart, pauvres, obscurs, isolés, ne peuvent se produire deux-mêmes, il déclara à son ministre Colbert quil lui fallait, entout genre, des talents supérieurs, et le chargea de lui en pro-curer, à tout prix. Fontenelle raconte que le ministre, pourexécuter cet ordre, « organisa un espionnage dont lobjetprincipal était de déterrer des hommes de mérite et deles lui signaler (1). » Pour exciter davantage lémulation dessavants français , et en même temps, pour élever plus rapide-ment, dans notre pays, le niveau de toutes les connaissances,Louis XIV fit venir, à grands frais, des pays étrangers, des sa-vants et des artistes qui sétaient, déjà fait remarquer par destravaux dun ordre élevé. Cassini fut un de ceux que Colbertalla déterrer , selon le mot de Fontenelle.

Pendant qu'il était à Rome , Cassini fut agréablement sur-pris dapprendre que Louis XIV avait lintention de lappeleren France . Le marquis de Massigli, sénateur de Bologne , luiannonça, par une lettre, que le comte Gratiani, premier mi-nistre du duc de Modène, était chargé de négocier cette affaire.Bientôt après, en effet, il reçut du comte Gratiani une lettrepar laquelle la proposition daller à Paris lui était faite directe-ment. Cassini répondit que cette proposition, dailleurs sihonorable, lui faisait un plaisir extrême ; mais, quétant au

( 1 ) Éloge de Bo!le.