CASSINI 511
service du pape et chargé d’affaires importantes, il ne pouvaits'absenter sans congé, et qu'il était nécessaire que la demandede ce congé fût directement adressée au nouveau pontife par leroi de France .
Le 15 octobre 1668, il partit de Rome comblé, dit-il, degrâces et d’honneurs par Clément IX . Il se dirigea vers Flo rence , avec l’ambassadrice de Bologne , qui lui avait offert uneplace dans sa voiture. Il apprit à Bologne , non-seulement quele pape consentait à son départ pour la France , mais, qu’enoutre, il entendait que Cassini conservât ses emplois et conti-nuât à toucher ses appointements pendant la durée de soncongé, qui ne pourrait s’étendre au delà de quelques années.Cassini renonça de lui-même à ce traitement, quand il vit,plus tard, que son séjour en France se prolongerait indéfini-ment. Mais il continua à recevoir les émoluments d’intendantdes eaux et des fortifications, jusqu’en 1677, époque à laquellecette charge fut supprimée par le pape Innocent XI .
Colbert , qui pressait vivement son départ, lui envoya milleécus, pour son voyage, avec l’assurance d’une pension annuellede neuf mille livres pendant toute la durée de son séjour enFrance .
L’astronome italien partit de Bologne le 25 février 1669. Ilse dirigea vers Modène , où il fut présenté à la mère de la reined'Angleterre, qui lui donna des lettres de recommandation. Delà, il se rendit à Gênes , où il fut cordialement fêté par son amiLercaro. De Gênes , il alla, par mer, à Perinaldo, son paysnatal, où son père et sa mère le retinrent plusieurs jours. Enfin,il continua sa route par Nice , Aix et Lyon .
Il arriva à Paris le 4 avril, et, deux jours après, Colbert leprésenta à Louis XIV .
« Le roi, dit Fontenelle, le reçut et comme un homme rare, etcomme un étranger qui quittait sa patrie pour lui. Son dessein n’était pasde demeurer en France , et, au bout de quelques années, le pape etBologne , qui lui avaient toujours conservé les émoluments de ses emplois,le redemandèrent avec chaleur. Mais M. de Colbert n’en avait pas moinsà le leur disputer; et enfin, il eut le plaisir de vaincre et de lui laire expé-dier des lettres de naturalité, en 1673.
« La même année (c’est-à-dire à l’âge de 48 ans), il épousa GenevièveDelaître, fille de M. Delaître, lieutenant général de Clermont, en Beau-vuisis. Le roi, en agréant son mariage, eut la bonté de lui dire qu’il était