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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
réellement son opinion (1). » En Italie , Cassini n’aurait pu sansdoute adopter ouvertement le système de Keppler, mais, enFrance , il lui aurait été permis de s’expliquer avec plus deliberté. II n’usa pourtant jamais de cette faculté qu’avec beau-coup de réserve. Était-ce par l'effet de cette extrême circons-pection dont il avait contracté l’iiabitude, dans les États del’Église, où, longtemps en possession de plusieurs charges, ilavait constamment joui de la confiance et de la faveur du pape?
« A en juger par ses écrits sur les comètes, ajoute Delambre,on serait tenté de croire qu’il était pour Ptolémée. >• On nepeut donc accorder à Cassini que d’avoir été un très-habileobservateur, et c’est déjà beaucoup.
On a donné le nom de lumière zodiacale à une lumière quis’étend obliquement dans le sens du zodiaque (espace céleste enforme de zone ou de ceinture, dans lequel se meuvent toutes lesplanètes). Cassini observa cette lumière, le 18 mars 1G83. Ill’avait découverte, le soir, vers l’horizon, dans la partie mêmedu ciel où le soleil avait disparu. Semblable à celle qui forme lavoie lactée, mais plus claire et plus éclatante dans son milieu,plus faible vers ses extrémités, elle ressemblait à la queued'une comète. Aussi rare, quoique aussi lumineuse, elle laissaitvoir, à travers sa clarté, jusqu’aux plus petites étoiles, et elledisparut, en même temps qu’elles, sous l'horizon. Elle reparutles jours suivants. On crut la voir s’avancer le long de l’éclip-tique, et y précéder le soleil. Cassini conjectura d’abord quecette lumière était attachée au soleil, lui formant une espècede chevelure, et qu’elle serait visible pendant le jour, si touteautre lumière plus faible que les rayons solaires, n’était effacéepar leur éclat.
Delambre, qui ne laisse échapper aucune occasion d’amoin-drir le mérite de Cassini, dit que Keppler avait déjà vu cette lu-mière. Sans doute, et Cassini l’avait remarquée aussi, en 1668.Avant cette époque, et même dans l’antiquité, beaucoup d’ob-servateurs l’avaient peut-être aperçue également, mais sans yarrêter leur attention, et sans rien imaginer sur les rapportsquelle affecte avec le système solaire.
On a donné le nom de libration à la cause par laquelle se
(1) Histoire de l’astronomie moderne , t. II, page 729.