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CHAPITRE PREMIER.
tout ce qu’on doit désirer en pareille matière, et il serait surtout loinde se trouver en rapport avec les circonstances générales dont nous avonsparlé , comme offrant à la fois des points de départ et des moyens de vérifi-cation.
Ce travail, purement cadastral, manquerait avant tout de clef, et lesrecherches qu’on voudrait y faire, soit dans l’intérêt de la science, soitmême dans l’intérêt de l’industrie, seraient extrêmement difficiles.
Ce travail produirait une carte lithologique très-exacte et très-détaillée ;mais cette carte serait un dédale d’indications isolées, d’autant plus confusesqu’elles seraient plus nombreuses. On chercherait un fil conducteur pour par-courir ce labyrinthe, mais on ne le trouverait pas dans le travail lui-même,dont la table des matières ne pourrait se dresser que suivant l’ordre alpha-bétique des substances ou des localités. Ce fil existerait, il est vrai, dansles rapports déjà signalés entre les formes de la surface et la dispositiondes grandes massés; mais, ces rapports n’étant pas encore mis en relief,leur détermination exigerait un nouveau travail : ils seraient cachés d’abordau milieu de la confusion des indications, trop nombreuses et trop indé-pendantes les unes des autres, dont seraient couverts les plans minéra-logiques minutieusement exacts dont nous venons de parler; mais on lesverrait se dégager d’eux-mêmes aussitôt qu’on élèverait le travail de détail,exécuté d’abord, au rang de carte géologique, en y indiquant,* à côté de lacomposition absolue de chaque partie, les relations de position et de conti-nuité qu’elle peut offrir.
Les relations de continuité dont il vient d’être question ne pourraientpas toujours résulter de la simple élaboration du travail de détail le plusminutieusement exact; souvent elles exigeraient des observations ad hocfaites sur le terrain.
La continuité des grandes masses minérales demande à être étudiée enelle-même, avec une attention soutenue, parce quelle s’allie souvent avecune variation progressive dans la nature ou dans la proportion des élé-ments dont la masse se compose. Il'y a là, par conséquent, des rapportsparticuliers à saisir, une étude spéciale et nouvelle qui ne pourrait êtrefaite avec autant de rigueur par des observateurs sédentaires, dont chacunconsacrerait tous ses soins à l’examen d’un canton particulier, que par desvoyageurs qui, san*s entrer dans tous les détails de la constitution de chaque