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CHAPITRE PREMIER.
car une couche, quoique parfaitement continue, varie quelquefois de com-position d’un point à un autre, en passant, par exemple, du calcaire à lamarne ou au silex, de manière à devoir être figurée en différents points pardifférents signes minéralogiques. Cependant cette couche est d’un seuljet; elle a été formée en même temps dans toute sa longueur, et sa conti-nuité, dans les points où elle offre des variations de composition, présenteun fait de la plus grande importance pour la structure de la contrée. De laconnaissance hien acquise de ces relations de continuité, dépend celle del’ordre dans lequel se sont formées les masses minérales qui composent lesol, et de tous les phénomènes géologiques dont il peut conserver l’em-preinte. La connaissance de ces phénomènes sert de guide dans toutes lesrecherches que peut réclamer l’industrie minérale, et dans les grands tra-vaux de terrassements.
Les contours de ces masses continues sur de grandes étendues s’identi-fient avec les principaux accidents topographiques de la surface. Ces acci-dents les décèlent et les mettent, pour ainsi dire, en relief. Ils font en mêmetemps connaître l’échelle sur laquelle doit être entreprise l’étude des grandesmasses minérales. Il suffit, en effet, d’indiquer ces rapports, pour faire conce-voir que la connaissance approfondie des circonstances qui les déterminent,et qui souvent peuvent se reconnaître sur des centaines de lieues de lon-gueur, doit résulter moins directement de l’étude circonscrite de partiesdétachées et discontinues, que d’une étude simultanée de tout l’ensemhle,quand même cette étude ne serait pas poussée jusqu’à la délimitation exactedes contours.
On comprendra facilement, d’après ces remarques, comment l’adminis-tration des mines, ayant l’intention de faire exécuter , non-seulement unecarte géologique générale de la France , mais encore des cartes géologiquesspéciales de ses différentes subdivisions, a dû s’occuper d’ahord de la cartegénérale, plutôt que de chercher à l’extraire, par voie de simple réduction,des cartes géologiques de détail.
L’assimilation avec les cartes purement géographiques indiquait d’elle-même cette dernière méthode : car, pour l’exécution des cartes géographi-ques, on ne se borne jamais à réduire des plans cadastraux sans les relierentre eux par une triangulation d’ensemble; mais, pour la topographie, ilest à peu près indifférent que cette grande triangulation forme le commen-