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Tome premier.
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CHAPITRE V.

Les Vosges forment une îlemontagneuse.

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sur les contourset les formesris cette île.

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au pied des Vosges , que le bord des montagnes reste parfaitement marque;mais, plus à l’O., en se rapprochant des plaines de la Lorraine , les colliness’élèvent un peu, et en même temps les montagnes s’abaissent sensiblement,de manière qu’aux environs de Plombières il pourrait sembler, au premierabord, qu’il y a fusion entre les deux régions : il suffit cependant, presquetoujours, de trouver un point de vue favorable, pour les voir aussitôt seséparer l’une de l’autre. Il y a, vers le val d’Ajol, une exception sur laquellenous reviendrons; mais, lorsqu’on a monté la côte qu’on trouve en .sortantde Plombières par la route de Remiremont , et qu’on est parvenu au niveaugénéral des plateaux environnants, on découvre, à l’E. N. E., des mon-tagnes couvertes de sombres forêts de sapins, qui portent le nom de boisde Remiremont , d’Hérival, etc. Ces montagnes, qui semblent être le com-mencement d’un monde tout nouveau, ne sont autre chose que le borddes Vosges . On le suit ensuite vers le N. N. E. avec la plus grande facilité.

Les Vosges forment ainsi, au milieu des plaines qui les entourent, uneîle montagneuse qui, surtout vers le midi, est complètement détachée. Laplupart des cartes de France donnent une idée peu exacte de la configura-tion extérieure de ces contrées, en représentant les Vosges comme liées auJura et à la Côte-d’Or par des chaînes de montagnes continues : ces chaînessont complètement imaginaires. Si le niveau des mers s’élevait de 3 à /|OO m ,les Vosges formeraient réellement une île ou un archipel, qui, très-étroitvers Saverne , aurait une largeur de 6 ou 8 myriamètres sous le parallèlede Remiremont et sous celui de Ritche.

Les bords de cette île montagneuse sont généralement faciles à observer,et méritent d’être examinés en détail, à cause des phénomènes géologiq ueSqui s’y dévoilent. J’ai eu, de 1821 à 1 838, de nombreuses occasions defaire, à ce sujet, des remarques que j’ai, pour la plupart, écrites sur place-Je vais les rassembler ici avec une abondance qui pourra paraître exagérée,mais dont le but est de faire bien comprendre au lecteur qu’il n’y a riend’idéal, ni dans la délimitation, ni dans la configuration générale que J at 'tribue aux Vosges , et que les conséquences que j’en déduis dans la suitede ce chapitre sont fondées sur une observation persévérante. Je crois,d’ailleurs, que, si on ne l’indiquait pas d’une manière bien explicite, ouserait peu porté à se figurer qu’il soit si fréquent et si facile de passer enrevue, d’un seul coup d’œil, une grande partie de ce massif montagneux-