CHAPITRE VII.
522
de grès et de schiste éprouvent des changements analogues : il n’est pas rarede voir, dans une même mine, une couche de houille, directement couvertepar du grès, l’être, à peu de mètres de distance, par des bancs de schiste,qui se sont, pour ainsi dire, intercalés entre le grès et la houille. Les minesdu Treuil et de la Roche en offrent des exemples. Dans plusieurs points dubassin, on observe même que deux couches très-rapprochées l’une de l’autrese séparent progressivement, et finissent par présenter un écartement très-prononcé. C’est ainsi que, dans la mine du Gagne-Petit, au puits Jabin, l aquatrième couche n’est séparée de la troisième ou grande couche que parun lit de schiste argileux chargé de carbone de o m ,4o de puissance, tandisqu’au puits Thibaut, dans la même concession, ce banc a déjà i m ,6o. Euavançant vers le N., ce banc de schiste augmente constamment : il a 16 mètresau puits Thiolier dans la concession Bérard, éloignée du puits Thibautd’au plus 200 mètres; au puits du Soleil, cet intervalle est de 20 mètres;enfin il atteint 2 4 mètres dans la concession la Roche contiguë à la con-cession Bérard.
Ces irrégularités dans la puissance des couches, et surtout dans leurnombre apparent, apportent beaucoup de difficulté dans le tracé de leurprolongement à des distances horizontales de quelque étendue. Il est dèslors impossible de préjuger à priori la nature du terrain houiller en unpoint où il n’existe encore aucun travail. Cette circonstance est souvent lacause de recherches coûteuses, ouvertes presque au hasard et sans fruit. Cedéfaut de régularité met également dans l’impossibilité d’indiquer, d’unemanière précise, le nombre de couches que renferme le bassin de Saint'Etienne.
M- Beaunier a décrit, dans son travail, jusqu’à vingt et une couches dehouille dans le territoire de la Ricamarie ; et, suivant ce célèbre ingénieur:plusieurs concessions en renfermeraient dix-huit, formant une épaisseurtotale de 35 mètres, tandis que, dans quelques autres, les travaux ont fai*connaître seulement trois couches de charbon , dont les puissances réuniesn excédent pas 3 mètres. Il est, à la vérité, probable que la profondeuren recèle d’autres plus importantes. Nous rappellerons que M. Beauniera admis un nombre de couches supérieur à celui qui existe réellement;mais, à l’époque où son travail a paru, on regardait comme distinctes descouches placées dans le prolongement les unes des autres.