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Tome second. L - Z.
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tant en chicane. en procès. Il y mangera dixmille écus , ou il en aura raison. Il a mangedeux belles terres. Il a mangé plus dor gu iln'est gros. Il a mangé son fait à plaider.

On dit figurément, Ses valets le nïangent ,ses chevaux et les chiens le mangent, les fem-mes le mangent , pour dire, Le ruinent, le

consument en dépense.

On dit, qiiUne forge mange bien du char-bon, pour dire, qu’Elle en consume beau-coup.

On dit aussi, que Cei'tains légumes mangentbien du beurre , pour dire, qu’il en faut beau-coup pour les apprêter.

On dit proverbialement, Il a mangé sonble en vert, son blé en herbe, pour dire,„qu’lla consumé son revenu avant que les termes enfussent échus.

On dit proverbialement, Manger de Idvache enragée , pour dire, Souffrir beaucoupde faim et de fatigues. Il a ptfri, il a mangéde la vache enragée. Il est trop à son aise ,il faudra qu'il mange un peu de vache en-ragez.

On se sert quelquefois du mot de Mangcj’.dans le style familier, pour dire, Querellerfortement. Je n'ai garde de lui en parler, il memangeroit. On dit dans le même sens, Mangerle blanc des yeux. Ils se sont mangé le blancdes yeux.

Manger , se dit aussi par extension, De plu-sieurs choses inanimées qui rongent, minent etdétruisent. La rivière mange ses bords. Unulcère lui mange la jambe. La vérole le mange.Le grand jour mange les couleurs. La rouillemange le fer. Le peuple dit que la lune mangeles pierres. Les ormes mangent tout le suc,toute la graisse de la terre. Un onguent , unepoudre gui mange les chairs mortes.

On dit figurément, qu 'Une planche gravée,tju'unc écriture est mangée par le temps , pourdire, qu’Ellc est usée, efficoe par le temps, etqu on a peine h y rien connoître.

On dit figureraient *et familièrement, Man -ger quelqu’un des yeux, pour dire, Le regar-der avidement. Il se dit aussi des choses. Et,Manger de caresses, pour dire, Faire de gran-des caresses.

On dit d'Un joli enfant, qu’l/ est joli ùmanger, qu’il est à manger. Il est du style fa-milier.

On dit figurément et proverbialement, Jemangerai plutôt monbras jusqu'au coude, jemangerai plutôt ma chemise , que de ne pasvenir à bout de telle chose , pour dire, Il n’eslrien que je ne fasse pour venir à bout de tellechose. Ces deux façons de parler sont popu-laires.

On dit par emportement, quand on est engrande colère contre quelqu’un, qu’On luimangerait le cceur. Je lui mangerois Unie.

On dît familièrement par menace, à unhomme que l’on croit plus foible que soi,qu’Ou le mangeroit avec un grain de sel, à lacroque au sel.

On dit d’Un homme qui ne prononce pasTome IL

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bien toutes les lettres ou toutes les syllabesdes mots, qu’il mange ses mots, qu’il en mangela moitié.

On dit en termes de Grammaire , qu’Uncvoyelle finale se mange , pour dire, S’élide 5quand elle no se prononce pas à cause de larencontre d’une voyelle qui commence le molsuivant. En François , l'E féminin se mangetoujours devant une voyelle.

Mangé , i:e. participe.

MANGER, s. m. Ce qu’on mange, dont onsc repaît, Son hôtesse lui accommode son man-ger. Un pâté de bécasses est un bon manger.Un manger délicat. Un friand, un délicieuxmanger. C'est un manger de Roi. C’est lemeilleur manger du monde.

On dit familièrement d’Un homme qui s’oc-cupe entièrement à une chose, qu’il en perd leboire et le manger.

MANGERIE. s. f. Terme populaire, quisignifie au propre, Action ds manger, et quin’est guère usité que dans cette phrase, Kchwmanaerie, pour dire, Recommencer à manger.Au figuré, il signifie Les frais de chicane, oules exactions par lesquelles on ruine les pauvresgens. Les mangeries de cette Justice sont ef-froyables. Voyez quelle mangerie d'avoir faitcoûter tant d’argent à ce pauvre homme! C'estune pure mangerie. On invente tous les joursde nouvelles mangeries.

MANGEUR, EUSE. s. Quand il se dit ab-solument, il signifie Celui, celle qui est en ha-bitude de manger beaucoup. Il s’emploie ordi-nairement avec une épithète. C'est un grandmangeur. Un beau mangeur. Un petit man-geur. C'est une grande mangeuse. Il nest pasmangeur.

On appelle Les gens de chicane, ceux quivexent, qui tourmentent le peuple, Des man-geurs de Chrétiens. Tl est populaire.

On appelle familièrement Un fanfaron, Unmangeur de charrettes ferrées, un mangeur depetits enfans.

On appelle familièrem. Mangeur de viandesapprêtées, Des fainéans, des paresseux quiaiment à faire bonne chère sans se donner depeine, ou bien à tirer du profit d’une affaire oùils n’ont point travaillé.

On dit figurément et familièrement d’Unbigot, d un faux dévot, que C’est un mangeurde Crucifix , un mangeur d'images, un man-geur de Saints.

MANGEURE. s. fém. (On pron. Manjûre.)Endroit mangé^d’un drap, d’une étoffe, d’unpain, etc. Mangeure de vers. Mangeures desouris.

MANGOUSTE. Voyez Ichneumon,

MANIABLE, adject. des a genres. Qui semanie aisément, qui se prête à faction de lamain. Ce drap est doux et maniable. Le cuirbien apprêté en devient plus maniable. Ce mar-teau est trop lowdy il n'est pas maniable.

U signifie «aussi, qui est aisé à mettre enœuvre. Ce fer, ce cuivre est doux et maniable.Il n’y a point de métal si maniable que l'or.

11 se prend quelquefois au figure, et veut

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dire, Traitable. C'est un homme* dont l'espritest maniable , n’est point du tout maniable.

MANIAQUE, adj. des 2 genres. Furieux,'possédé de quelque manie. Il est maniaque.Elle est maniaque. Il se prend aussi substanti-vement. C’est un maniaque , C'est une nw-niaque.

MÂNICHORDÏON. s. m. Sorte de clavecin ^instrument de musique h clavier. Jouer du ma -nichordion.

MANIE, s. f. Aliénation d’esprit sans fièvre,et qui va quelquefois jusqu’à la fureur. Safolie se change en manie. La Manie est unefolie dans laquelle l’imagination est frappéed’un point fixe. Sa manie est de sc croire deverre.

Manie’ se dit aussi par extension, de touie«les passions portées à un certain excès. Samanie pour les tulipes, pour les coquilles, l’aruiné. Il a la manie des vers.

MANIEMENT 1 , s. m. (Pron. Maniment.)Action de manier. On connott la bonté d’un'drap au maniement.

Maniement, signifie .aussi Le moûvementdu bras, de la jambe. Il ètoit perclus de cebras, mais il commence à en avoir le manie-ment assez libre.

On appelle Le maniement Jes armes, L’exer-cice de pied ferme qu'on enseigne aux soldats.

Il est plus en usage au figuré, et signifieAdministration. Le maniement des deniers duRoij des Finances. Ce Trésorier a beaucoup demaniement. Son maniement est de tant de mil -»lions. On lui a confié ce maniement. Ceux quiont le maniement des affaires.

MANIER. V. act. Prendre et tâter avec lamain. Manier un drap pour voir s'il est doux,s'il est fin. Manier une étoffe , des papiers, deslivres , des hardes.

Manier, Recevoir, avoir en sa disposition,en son administration. Je n'ai point encoremanié un denier de cette recette. Il ne maniepoint d'argent. ïl manie tous les biens de cellemaison. Il manie tous les ans plus d’un mil-lion.

On dit figurément, Manier les affaires pu-bliques, pour dire, Les administrer.

On dît proverbialement, Vous me demandezoù est un tel livre , je ne l'ai ni vu ni manie,pour dire. Je ne puis vous en rendre raison.

On dit d’Un homme, qu’il manie bien quel «que instrument, pour dire, qu’il s’en sert bien.Tl sait bien manier les armes. Il manie bienl’épéc à deux mains, la hallebarde. Il mantebien une raquette.

On dit dün Boulanger qui pétrit bien,qu’il manie bien la pâte.

On dit en termes d’Art, Mania' le pinceau ,le ciseau, la pointe, le burin y la plume, lecrayon, Voutil. Manier la terre en modelant

On dit figurera. d’Un Peintre, qu’/l maniebien la couleur, pour dire, qu’il a l’adresse dela bien employer, de s’en bien servir. Et figu-rement d’Un Sculpteur, qu'il manie bien lemarbre, pour dire, cru’Il sait bien le travailler.

On dit de même, qn’Un Senuricr manie

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